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Trail de la Marquise (Sisteron) 27km 1800 mD – 3 juin 2012

Après m’être à nouveau bloqué le dos et avoir connu encore quelques soucis de genoux, j’ai fait l’impasse sur le championnat de France de course en montagne, pourtant à domicile.

Je n’ai pas regretté car j’ai vraiment apprécié d’être spectateur et de voir les cracks s’affronter dans le massif de Charance.

Fin mai, j’ai pu effectuer une préparation minimaliste me permettant de me lancer sur le trail de la Marquise à Sisteron. 

Cette course de 28km et 1800m D+ semble assez dure, avec un profil en dent de scie et 4 principales difficultés au programme.

Vu le manque de foncier, l’objectif sera de terminer et de se faire plaisir, dans un cadre magnifique de paysage de Haute-Provence.

Le dimanche 3 juin matin, je me rends à Sisteron, alors que ma petite famille me rejoindra plus tard à l’arrivée pour le pique-nique.

Petite promotion pour le trail de Châteauvieux (plaquettes et affiches) puis c’est l’échauffement collectif avec quelques Gapençais retrouvés sur place.

Échauffement très léger car c’est pas le moment de griller des cartouches alors que le menu de la matinée s’annonce copieux.

Le début de matinée est très chaud et le peu d’effort nous tire déjà les gouttes de sueur.

A 9h, après un briefing chaotique pour cause de micro défaillant, c’est le départ.

J’y vais mollo dans la première montée vers le haut de la ville, et prends progressivement un rythme un peu plus soutenu au retour vers la citadelle.

Un passage près du site du départ, et c’est la première ascension dans le bois du Molard, sujet à divers jeux de mots parmi les coureurs.

La montée se fait en lacets au milieu des pins, et il est possible de courir tout le long.

La fin étant un peu plus raide, je préfère marcher à grande enjambées pour éviter de me mettre dans le rouge.

Un premier ravitaillement, et on attaque la longue partie en crête. La séparation 27km/11km est bientôt là, et la densité de coureurs devient beaucoup plus réduite.

Je hausse un peu le rythme, ayant de bonnes sensations.

Je dépasse 2 ou 3 coureurs en autant de kilomètres et me retrouve un peu isolé.

Cette partie en crête, qui alterne les faux-plats descendants, montants et courtes côtes se révèle très usante, avec un sol terreux ou les rochers affleurent.

Plusieurs fois, je pense passer le sommet et basculer dans la descente, alors que non, il ne s’agit que d’un court répit avant une nouvelle grimpette.

Je constate un manque de jus dans les montées, car à chaque fois, je sens un coureur sur mes basques alors que je reprends le large dès que cela redevient roulant.

Après cette section interminable, la descente est assez raide et pierreuse, alors je reste prudent.

Un signaleur m’annonce 14ème, juste avant que je me fasse irrésistiblement dépasser par un jeune en rouge, très bon descendeur.

Arrivée au 2ème ravito, sur la commune de Bevons : je prends un peu de salé, car il me semble que cela m’est nécessaire sur les longs efforts. Tant pis si ça réveille ma soif !

Une montée sur le bitume puis sur une large piste forestière que je négocie en marchant beaucoup, car je n’ai pas de jus.

La piste forestière redevient plate et j’arrive à bien relancer.

Las, après le franchissement du ruisseau, je suis scotché dans le sentier qui nous conduit au Pas de l’Essaillon, 2ème difficulté du jour, un passage magnifique sous une barre rocheuse.

Un coureur m’a dépassé mais je réussis à accrocher jusqu’au sommet pour basculer avec lui dans la descente.

Après un bref passage technique, il s’agit d’une large piste forestière extrêmement rapide, et j’apprécie d’être accompagné afin de se relayer et maintenir un rythme soutenu.

La mi-course est passée, et nous abordons la troisième difficulté. Je confie à mon compagnon de route que je ne pourrai sans doute pas le suivre dans la montée.

Effectivement, au bout de quelques hectomètres, je décroche et je dois marcher.

Je comprends alors que le retour va être dur et qu’il est illusoire de penser que ce n’est qu’un passage à vide.

Je gère donc les kilomètres qui suivent comme je peux, marchant dès la moindre montée et courant sur le plat.

Vu mon train de joggeur du dimanche, je m’attends à être rejoint, mais non! personne ne revient.

Le paysage est agréable mais j’ai du mal à en profiter car les jambes sont vraiment lourdes.

Dans un raidillon sur des terres noires, je cale littéralement et me fait dépasser par Lionel, du Gap Trail Nature.

Malgré ses encouragements, je ne peux le suivre.

Je m’alimente, je bois (je ne pense pas avoir fait d’erreur d’alimentation), mais le manque de jambes est flagrant.

J’ai du mal à faire abstraction de la dernière côte, présentée comme terrible, et j’envisage de rendre mon dossard au dernier ravito pour regagner directement l’arrivée en la court-circuitant.

Je pense à mes supportrices et j’essaye d’oublier cette idée d’abandon…

Au dernier ravito les bénévoles sont très prévenants (à souligner l’extrême gentillesse de l’ensemble des bénévoles) et je repars avec un moral provisoirement regonflé.

Il me semble que le détour effectué avant d’aborder la dernière côte est interminable.

Un beau point de vue sur la vallée du Buech, une petite côte, tout cela parcouru en alternant course et marche (même sur le plat !) et derrière, toujours personne en vue !

Ça y est, j’arrive au pied de la dernière côte, une montée droit dans la pente sur la tranchée d’un gazoduc.

Les jambes deviennent vraiment très raides, et là, il n’est plus envisageable de courir !

J’aperçois plus haut 3 coureurs éparpillés dans la montée et leur posture en dit long sur la raideur de la pente.

J’essaye de monter tant bien que mal : tous les 10 pas environ, je m’arrête et me repose quelques secondes (ce n’est plus de la course et ce n’est même plus de la marche, je vais finir par ramper !)

Des pancartes hectométriques ponctuent l’ascension. Il doit me falloir 5 minutes entre chaque !

J’aperçois en contrebas une file de poursuivants emmenés par la première féminine. J’ai encore une bonne marge d’avance que je peux gérer. De toute façon, je suis planté et je monte péniblement, perdant même l’équilibre l’espace d’un instant, et me rattrapant en faisant quelques pas en arrière !

A 20m du sommet, je dois encore marquer une pause et les deux charmantes bénévoles que j’aperçois au dessus de moi me font signe et me crient : hou hou, c’est ici !

OK OK j’arrive, mais pas tout de suite !

Je maudis les organisateurs de nous infliger pareille souffrance !

Enfin le sommet est là, et il ne reste plus qu’environ 3 kilomètres de crête et de descente, sans difficulté.

Le calvaire touche à sa fin.

Je n’arrive même plus à savourer cette dernière descente, pourtant très rapide comme je les aime.

Un bénévole me dis : « plus que 2 kilomètres »

Plusieurs hectomètres plus loin, un bénévole me dis : « plus que 2 kilomètres »

J’ai l’impression de cauchemarder…

Enfin retour sur le bitume, et j’aperçois mes 3 petites femmes postées sur le bord de la route.

Les 2 plus grandes m’encouragent alors que la plus petite me dis « pourquoi t’es pas habillé en rouge papa ? » Ah, les filles et leur passion des fringues…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est l’arrivée et fin de l’épreuve, chaise et ravitaillement sont les bienvenus.

Bilan, 17ème en 3h10, c’est pas scandaleux vu que j’étais à la ramasse les 2/3 du parcours.

Mais il va me falloir un peu plus d’entrainement si je veux faire le Trail Champsaurin.

Depuis 9h, le temps s’est progressivement rafraichi et les nuages d’orages se pointent.

Du coup le pique nique familial sera vite expédié.

Bravo à l’organisation, tout était super… sauf la dernière montée, dispensable à mon goût.

Je reviendrai peut-être l’année prochaine… si je suis bien entrainé, car ce trail est très exigeant.

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