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Trail des Balcons de Châteauvieux (05) 18km 850 mD+ – 19 août 2012

Quatrième édition du Trail des Balcons de Châteauvieux en tant qu’organisateur et première en tant que coureur.

Enfin, cela a été possible cette année !

Le chronométrage a été sous-traité à la société Timing-Med, ce qui m’a rendu disponible pour la course. Et contrairement aux 2 années précédentes, je suis physiquement en état et en forme à la mi-août.

Je savoure donc pleinement le bonheur d’être présent sur la ligne avec les 165 autres coureurs, à 9 heures, aux ordres de Jean-Baptiste, notre maire, qui me fait un sympathique clin d’œil dans son petit discours.

Après le traditionnel compte à rebours, c’est parti pour la première boucle sous le village.

Je me mets très vite en action afin d’être bien placé au premier virage et dans la première descente sur bitume. Je temporise un peu dans cette descente afin de ne pas me casser les muscles d’emblée puis je gère tranquillement la montée de la Peyrouse.

J’ai besoin d’un peu de temps pour évacuer le stress de l’organisation et je sens mon rythme cardiaque un peu haut et les jambes un peu molles…

Je rétrograde dans le classement sans m’affoler, tout cela était prévisible.

Au retour sous la place, gros encouragements des Châteauviards, je bombe le torse et je lance progressivement la machine.

A Valenty (les chiens), on quitte le bitume pour un bon moment et je me dis que les choses sérieuses commencent.

Première montée sur sentier jusqu’au pied du Serre des Coarps que j’effectue calé dans un petit groupe.

Dans la descente vers Ville-Vieille, je commence véritablement à produire mon effort en essayant d’exploiter ma connaissance de la piste pour tenir une bonne cadence sans laisser de forces.

Je dépasse quelques coureurs et me retrouve dans la « roue » d’Eric Estachy et Lionel Garnier, 2 bons copains, et surtout de solides références !

La piste peu piégeuse permet d’apprécier la vue superbe sur Tallard et son château.

Prudence au niveau du ravin de Ville-Vieille puis, après la passerelle, on attaque la première grosse montée, la côte de Lettret.

Très vite, Éric se met à marcher et je fais de même.

1 ou 2 coureurs me dépassent en courant, mais sans gros rendement.

J’essaye de suivre Éric, mais je n’y arrive pas car il marche vite le bougre !

Au sommet du sentier, on retrouve la piste bien moins raide et j’arrive à bien relancer en courant.

J’ai de bonnes sensations et la chaleur est pour l’instant très supportable.

Devant, 2 ou 3 coureurs en point de mire, et derrière le trou s’est fait sans que je m’en sois vraiment rendu compte. Cette première montée assez dure a du en surprendre plus d’un !

Marc, camarade de l’organisation, m’annonce 14ème et m’encourage.

Au passage du 1er ravito, je ne traine pas et plonge dans le sillage de Lionel Garnier.

Je me méfie de l’agréable traversée en balcons qui suit, ou je me fais généralement plaisir à l’entrainement, en me lâchant complètement dans ce single sinueux et bosselé mais bien roulant.

Je reste donc calé derrière Lionel plutôt que m’enflammer.

J’en profite aussi pour contempler (oui c’est bien le mot !) le sentier rempli de coureurs, image inédite pour moi en ces lieux pourtant maintes fois parcourus.

La transition vers Cristayes se fait par de petites côtes que j’essaye de gérer au mieux. Les écarts commencent à se faire et même si je dépasse 2 coureurs, je perds complètement la trace d’Eric et Lionel m’a un peu distancé.

Au 2ème ravito, Lionel prend son temps et me laisse passer. Je comprends alors qu’il a surtout l’UTMB en tête et qu’il préfère ne pas se griller.

Les coureurs du 8km ont bifurqué vers le village alors que nous sommes partis pour 6km dans le bois de Cristayes, secteur ombragé même si le soleil arrive à percer au milieu des pins et des chênes .

Dans la montée sur la crête de Cristayes, je me retrouve un peu isolé, scénario que je n’avais pas envisagé et je n’ai pas de repère de rythme. Je reste sur mon plan de base et gère la première partie, mais sans marcher. Par contre, j’accélère dans la deuxième partie en faux-plat montant, en sachant que derrière, il y ‘aura une longue descente pour calmer le cœur.

Le sommet de Cristayes est passé au bout de 36′ soit 5 de moins qu’à l’entrainement : c’est fou comme la compétition permet de se surpasser alors même que je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir laissé beaucoup d’énergie jusque là !

Je me lance dans la descente étroite mais roulante.

Question : les concurrents qui me précèdent sont ils capables d’aller aussi vite s’ils ne connaissent pas les lieux ?

Élément de réponse : j’ai 2 coureurs en visuel à l’arrivée au fond de Cristayes, au départ de la nouvelle boucle 2012.

Le début de cette nouvelle boucle, avec sa descente un brin technique, ne m’avantage pas vraiment.

Dès que l’on retrouve le sentier bien roulant, je peux relancer fortement et je reviens sur un coureur. Il me laisse passer et je constate que c’est Paul, jeune châteauviard 6ème l’an dernier, qui n’a pas l’air très bien. Je lui dis qu’il me rattrapera sans doute dans la montée et je poursuis mon chemin.

A la bifurcation du sentier de la Luye, je double un concurrent et rejoins rapidement un autre, un jeune coureur de la Bâtie-Neuve.

Petit moment d’euphorie : je remonte progressivement dans le classement et j’ai une agréable impression d’aisance.

Je pourrais aller plus vite mais je décide de rester calé derrière ce coureur, en prévision de la grosse difficulté qui approche.

A la mi-course, qui marque la fin des 3 kilomètres de descente, mon frangin m’encourage et m’annonce dans le top 10. C’est inespéré, et tout se déroule bien pour l’instant, sauf que le plus dur reste à venir…

Je donne quelques indications sur le parcours à mon jeune compagnon de route.

Dès que ça devient un peu raide, on marche et on se fait doubler par le coureur dépassé un peu plus tôt. Derrière, personne en vue alors que je pensais voir Paul revenir.

Au point ce contrôle, Sabrina, ma belle-sœur depuis peu, me confirme que je suis 9ème.

La côte des Abadous se fera en marchant alors que j’observe avec admiration que le coureur qui nous a doublé continue de trottiner même dans les portions les plus raides, véritables murs : Chapeau !

Chacun ses points forts, car après une descente rondement menée, je le retrouve en point de mire au pied de la côte des 4 chemins.

Dans cette côte, le jeune Bastidon décroche et on s’encourage mutuellement pour la suite.

Au troisième ravito, je remplis complètement mon bidon, car je sais que le restant du parcours n’est plus ombragé et qu’un soleil de plomb et une chaleur caniculaire nous attendent.

A Bel-Air, la vue est dégagée et je constate que je suis maintenant isolé, les positions sont bien établies. Mes sensations sont toujours bonnes et je n’ai plus qu’à gérer le retour vers le village, retour qui doit se faire avec un joli détour quand même !

Je suis globalement content de mon rythme sur la piste de la table d’orientation et dans la descente vers Ville-Vieille. A de nombreux endroits, le terrain bien régulier permet de lever la tête et d’admirer le paysage.

Après la passerelle, la chaleur est accablante et je marche un peu jusqu’au ravito en eau de Ville-Vieille, rajouté au dernier moment par l’organisation pour faire face à la canicule.

Comme je dois être le premier à marcher à cet endroit, certains bénévoles m’encouragent avec force, pensant que j’ai vraiment besoin de réconfort, alors que cette récupération fait partie de mon plan.

J’effectue la montée suivante en alternant marche et course, en gérant plus qu’en forçant, car je ne suis pas menacé au niveau du classement.

Le Serre des Coarps, spectaculaire petite colline de marnes est maintenant en vue.

Il faut l’escalader et je suis surpris que les jambes répondent favorablement, alors qu’à l’entrainement c’est systématiquement un calvaire !

J’aperçois un coureur juste devant moi : il a du souffrir sur les 50 mètres de l’ascension.

L’esprit de compétition revient instantanément.

Jérôme m’encourage et me tend une bouteille.

Je savoure ensuite le passage en crête, toujours incroyable, mais je me lance aussitôt après en chasse.

Petit coucou à ma maman et tape dans la main de Lily, puis je déboule comme un furieux dans la ravine, qui a été bien préparée pour l’occasion et qui n’est plus piégeuse. Je dépasse l’autre coureur (un marseillais peu habitué à ce genre de terrain) à une vitesse démentielle.

Retour sur le sentier puis sur le bitume. Je suis sur un petit nuage car je suis toujours bien et je peux encore apprécier les quelques hectomètres de course qui restent à parcourir.

Petit coucou à Nath et Cloé, bien calée dans sa poussette à l’ombre et qui a l’air de se demander pourquoi je fais ça ! J’essaierai de t’expliquer plus tard ma chérie…

A l’entrée dans le village, c’est cette fois mon papa qui m’encourage avec une ferveur que je ne lui connais que rarement.

Je termine finalement huitième en un peu moins d’1h40, et heu-reux !

C’est un très joli résultat à mon niveau, à relativiser si l’on considère que le vainqueur Stéphane Ricard a déjà terminé depuis 18′, ce qui fait pile 1′ d’écart par kilomètre !

Ma parfaite connaissance du circuit, sur mes terrains d’entrainement, contribue énormément au résultat. Comme dit le speaker, je connais toutes les pierres du secteur par leur petit nom !

J’ai également bénéficié de beaucoup d’encouragements de la part des signaleurs tout le long du parcours. Merci à eux !

Pour moi, c’est une journée exceptionnelle, qui concrétise un rêve.

Il y a six ans, en courant dans les collines qui me sont chères, j’imaginais une course populaire.

il y a trois ans, elle prenait vie grâce à l’insistance de Jean-Michel, à la motivation d’un groupe et à l’enthousiasme des habitants d’un village.

Aujourd’hui, le succès de ce trail s’est confirmé et je peux enfin y participer.

En prime, tout se déroule à merveille !

Pour paraphraser un autre Thierry, disparu cette année, et pour lui rendre hommage : « Je crois qu’après avoir vécu ça, on peut mourir tranquille. Enfin, le plus tard possible, mais on peut. Ah c’est super. Quel pied, ah quel pied ! »

A la lecture de ce récit, vous comprendrez qu’il est incontournable de venir courir à Châteauvieux, même si je ne suis forcément pas objectif… et que ma passion peut parfois devenir excessive.

Le podium V1, entouré d’Éric et Lionel

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