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Trail Champsaurin (05) 38km 2250 mD+ – 7 juillet 2013

15 jours après le trail du Fournel, j’enchaine avec l’épeuve suivante du challenge des trails de Provence : le trail Champsaurin, version light de l’Ultrachampsaur, mais très indigeste tout de même.

Indigeste d’un point de vue de l’effort à fournir, car pour le reste (organisation, ambiance, paysages), c’est que du bonheur !

Il y a 38km et presque 2300m de dénivelé à avaler, avec plusieurs difficultés au menu…

Le menu Champsaurin du jour :

Un apéro très copieux, le Mourre du Piurc 1100mD+ en 7km

Une entrée chaude, la côte de Chau Belle, 200mD+ en 4km

Le plat de résistance, le Piolit 850mD+ en 7km

Le petit dessert, le col de Moissières, seulement 100mD+ en 1km

 

 

J’ai déjà fait cette course l’an dernier, avec du plaisir, de l’émotion mais aussi de la souffrance.

Il faut dire que cette distance est un peu trop longue pour moi, je suis plutôt sur du 15-25 km en compétition et je dépasse rarement 15km à l’entrainement.

Les sensations du Fournel et de la quinzaine passée ne me rassurent pas vraiment.

Point positif : je sais que je peux compter sur mon expérience de l’an passé, avec en référence les temps de passages 2012 fournis par le chronométreur. J’ai également relu mon récit de l’an dernier pour faire ressurgir certaines sensations et émotions enfouies dans ma mémoire.

 

Au départ, nouveauté 2013 : une petite boucle dans Pont du Fossé va étirer le peloton et permettre à  chacun de trouver tranquillement son rythme et son groupe de niveau avant d’attaquer l’étroite montée vers Costebelle.

J’adopte une stratégie similaire à 2012, à savoir prendre un départ prudent et dénicher un lièvre de qualité pour la première ascension.

Je suis plutôt bien dans cette difficulté même si la dernière partie en lacets raides, à la marche, commence à me faire mal aux cuisses.

Grace aux noms indiqués sur les dossards (une bonne idée de l’organisation), je m’aperçois que je suis en compagnie de traileurs bien placés au challenge. Est-ce bon signe ? Peut-être suis-je trop vite ?

Ultra-Champsaur-2013

Un petit coup d’oeil sur le panorama splendide au sommet, et c’est la descente vers le Cuchon.

Au passage délicat « des dents », je préviens le coureur qui me suit que je vais être très prudent sur la partie équipée en main courante.

Il me répond amusé qu’il ne va pas me doubler juste à cet endroit précis alors qu’il reste 30 km à parcourir !

Cela étant, un jeune impétueux nous dépasse en coupant le lacet, décrochant une pierre au passage. Une prise de risque inutile, et qui semble stupide pour le vieux que je deviens…

 

Au ravito du Cuchon, les encouragements sont toujours nourris et agréables.

Petit point chrono : j’ai 2 minutes d’avance sur 2012 , malgré la boucle « pontassone » supplémentaire.

Je n’ai pas l’impression d’avoir puisé dans mes réserves ; ce départ plus rapide ne m’inquiète donc pas et me donne plutôt une bouffée d’optimisme pour la suite.

 

La descente suivante me parait plaisante, comme l’an dernier. J’essaye de trouver un bon tempo mais de rester en endurance.

 

A l’entame de Chau Belle, j’ai un petit coup de moins bien.

Je m’alimente, profite d’une montée à la marche pour admirer le paysage de la vallée de Rouanne.

Derrière, quelques coureurs me rattrapent progressivement. Au bout d’un moment, je suis absorbé par ce petit groupe et je me refais peu à peu la cerise au fur et à mesure de la traversée en balcons.

J’ai un moral excellent !

 

J’essaye d’être « souple » dans la descente vers Rouanne haute (« éco-conduite » me semble une métaphore appropriée).

Cette descente est longue et « tape » plus que dans mon souvenir !

J’ai dû serrer insuffisament mes lacets, car je ressens des echauffements sous le pied gauche.

Enfin, c’est l’arrivée au 2ème ravito et point de chronométrage. J’ai toujours 2 minutes d’avance sur 2012.

Les encouragements sont là encore très chaleureux et me motivent pour la suite.

 

Après la passerelle, c’est le retour à la solitude pour une portion toujours délicate à négocier.

La longue descente a cassé les muscles, et il est dur de repartir en montée, alors que l’on a à peine dépassé la mi-course.

Je marche un moment mais je n’arrive pas à repartir : je n’ai plus de jambes !

Je m’y attendais un peu mais pas à ce point !

Un par un, des coureurs me dépassent sans que je puisse les accrocher.

Je suis vraiment mal et je ne me vois pas atteindre le Piolit dans ces conditions…

Je confesse avoir songé à abandonner et rentrer direct à Ancelle par la vallée de Rouanne

Je m’alimente, bois et prends mon mal en patience.

J’ai en point de mire un trailer qui avance à la même faible allure que moi.

C’est réconfortant et je me dis que si je le rejoins, j’aurais au moins un compagnon d’infortune pour boucler le parcours. Et puis, je sais être toujours bien placé au classement (aux environs de la 30ème position). Rien n’est perdu.

 

Peu avant le 3ème ravito, je retrouve un semblant de forces et rejoins progressivement le trailer.

Cela fait du bien d’échanger quelques mots et, en fait, d’exprimer sa souffrance.

Au 3ème ravito, je m’arrête un peu plus longuement et discute avec des bénévoles que je connais.

Je bois et m’alimente copieusement, car je ressens un gros besoin en énergie.

 

C’est reparti en direction du Piolit, le sommet épouvantail de la course à 2460m.

Le parcours jusqu’au col de Chorges est un peu différent de l’an passé, et un peu plus court il me semble.

Passé le col, le Piolit se dresse majestueusement devant nous. C’est très impressionnant voire effrayant de voir les signaleurs tout petits au sommet, et en dessous, les coureurs disséminés sur la crête.

Le souvenir de l’an dernier, c’est que la réalité sera moins dure que l’impression.

Effectivement, la montée est difficile, très lente, mais en mettant régulièrement et calmement un pied devant l’autre, le sommet se profile peu à peu.

Je lève la tête pour admirer le vaste et superbe panorama, avec les aiguilles de Chabrière, le lac de Serre-ponçon, la vallée de l’Avance…

En haut, je reçois les encouragements de Martine et Didier. Je prends quelques secondes pour serrer mes lacets afin d’éviter que les échauffements deviennent des ampoules.

 

La descente est d’abord technique puis devient roulante. Cette année il ne sera pas question de filer Hervé Giraud-Sauveur puisqu’il m’a déjà dépassé au col de Chorges…

Je vais effectuer une descente plus tranquille, mais sur un bon rythme tout de même.

Par 2 fois, je bute dans une pierre affleurante, et manque de m’étaler…

Sur le bas, j’accuse un peu le coup et accueille le 4ème ravito du pont des Italiens avec soulagement.

Comme en 2012, j’ai du mal à repartir sur la piste forestière qui va me sembler longue comme un jour sans pain. J’ai un point de côté qui s’annonce dès que je me risque à accélérer.

 

Au retour sur la route de Moissières, je suis contraint de marcher.

Pour la première fois depuis le départ, la chaleur m’incommode.

J’effectue toute la montée à la marche et je perds 2 positions.

Au col, je reçois les encouragements de mes parents, mon frère et ma belle-sœur.

Cette année, Nath et les filles ne sont pas là, car… comme l’an dernier, Cloé a de la fièvre… Il n’était pas question d’imposer à cette petite un pique-nique en pleine chaleur.

Je confie à mon fan-club ma grande fatigue et il me faut passer le col pour repartir à la course.

C’est de plus en plus dur : fatigue musculaire, point de côté à l’affut, genou droit douloureux.

Je manque un peu de lucidité car j’oublie de prendre mon gel « coup de fouet » prévu pour la fin du parcours.

Un autre concurrent me dépasse.

Tant bien que mal je vais arriver à rallier l’arrivée sans marcher.

Dans la longue ligne droite avant Ancelle, un coup d’oeil en arrière me permet de voir qu’aucun retour n’est à redouter.

Je peux terminer tranquillement mais non sans souffrance.

Mes parents sont à nouveau présents à l’entrée du village.

Mon père, qui arbore un beau T-shirt « Trail des balcons de Châteauvieux », m’offre le plaisir de courir ensemble sur les 2 derniers hectomètres avant l’arrivée.

La ligne d’arrivée franchie, je m’avachis sur la table de ravitaillement pour récupérer, à la limite de l’épuisement.

 

En fait, je termine 34ème en4h39’42 soit 1 minute de moins qu’en 2012, mais avec encore plus de difficultés.

En 2012, j’avais dit que l’on ne m’y reprendrait plus, mais je suis revenu.

Je confirme que c’est un parcours exigeant mais superbe, plus superbe qu’exigeant, ou plus exigeant que superbe, en tout cas superbe mais trop dur pour moi, n’ayant pas assez de foncier pour le boucler convenablement.

Il me vient une idée au moment d’écrire ce compte-rendu : ce tracé serait idéal pour proposer une épreuve en relais de 2, avec passation du témoin à Rouanne Haute, à mi-parcours.

Dans ces conditions, je re-signe tout de suite !

 

Bravo aux Haut-Alpins, tout en haut des classements hommes et femmes.

Merci à l’organisation, en tout point parfaite !

Le succès grandissant de la course (nombre de participants, niveau général) est largement mérité.

A l’an prochain… sur le 19km.

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Catégories :Course à pied
  1. 8 juillet 2013 à 23:33

    J’avais pas mal de copains sur cette course ou l’Ultrachampsaur cette année.
    Je regrette ne n’y être pas retourné mais j’avais des impératifs ce week-end.
    Tous s’accordent à dire que la chaleur a été handicapante et il faut croire que malgré la connaissance du parcours, cette course reste toujours difficile.
    En tout cas, tu nous fait une très belle prestation et tu bas ton record personnel ! Bravo !

  2. 9 juillet 2013 à 11:45

    Merci Fred, au delà du chrono, je suis surtout satisfait de m’être arraché pour terminer honorablement.
    Je sais aussi que cette course va m’apporter beaucoup pour le deuxième semestre, après l’avoir digérée.
    L’an dernier, j’avais enchainé 3 podiums V1 derrière…
    A bientôt!

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