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Trail de la Sainte Victoire – parcours des crêtes – 58km – 3000m D+ Rousset – 8 avril 2018

Rousset, 6h50 : Pas vraiment en avance, je viens juste d’arriver sur l’aire de départ, accompagné de Nath, qui cumule les fonctions de coach, préparateur physique, chauffeur, photographe officiel.

Dans 10 minutes, le départ. Je n’ai pas le souci de m’échauffer, cela se fera tranquillement sur les premiers kilomètres. Des kilomètres, il y en aura quand même 60 à parcourir pour revenir sur cette même place !

Résolution n°1 : éviter de penser au programme plus que copieux qui m’attend, comme pour les presque 400 trailers qui se regroupent progressivement entre les barrières.

Résolution n°2 Ne pas focaliser sur mes genoux, sensibles et raides depuis quelques jours, ce qui n’est pas très rassurant…

Résolution n°3 : être fataliste pour la météo : le vent a soufflé toute la nuit et même s’il s’accorde un répit, il devrait être présent toute la journée, avec peut-être un peu de pluie après midi. Mais il ne fait pas froid.

Résolution n°4: penser positif ! un parcours magnifique nous attend ! Ça fait longtemps que je rêve de faire ce trail !

Résolution n°5: rester humble vis à vis de l’effort à accomplir, Il faudra toute l’énergie disponible pour venir à bout de ce trail réputé difficile ! En ce début de saison, et même si les derniers entrainements m’ont procuré de bonnes sensations, l’heure est à la prudence et à l’humilité. Je risque de bien galérer quand même !

Résolution n°6 : ne pas oublier la résolution n°1.

Une petite photo d’avant départ, la tête de quelqu’un pas très serein.

TSV 2018 (1)

Le départ se fait en douceur, je me suis positionné au beau milieu du peloton, je n’ai pas d’objectif de résultat …

Après une petite boucle sur bitume, on attaque un monotrace ou ça commence à bouchonner. J’ai déjà chaud, et j’enlève le coupe vent (OK je suis parti avec trois couches, c’est beaucoup, mais le temps est très incertain, et je suis d’un naturel prudent !)

Petite déception : je n’ai pas vu Nath sur le bord de la route à la sortie de Rousset, elle a déjà filé !

Au bout d’environ 4km, passage sous la Nationale, sous un pont bas de plafond (techniquement, on dit que le tirant d’air est très faible). Je pense (oubli de la résolution n°1) qu’il faudra 50km et de nombreuses heures avant de repasser par ici, le temps d’éprouver toute la palette des émotions et sensations disponibles …

J’entends crier « Thierry ! ». Cette voix familière est celle de Nath, qui ne m’avait pas laissé tomber sitôt le départ donné, comme imaginé précédemment. Je suis content de la voir et me sens un peu coupable…

Le parcours est plaisant, je pensais cette approche un peu monotone, mais non ce n’est pas le cas, on traverse même un décor de western, terre ocre rouge.

Cyril Bussat 1Photo : Cyril Bussat

Devant nous, se dresse le plateau du Cengle, première ligne de rempart avant la montagne de la Sainte Victoire, qui ne semble pourtant pas avoir besoin de protection.

Par moment, le vent se calme et j’ai chaud, mais un peu plus loin, je suis bien content d’avoir une deuxième couche pour supporter une rafale.

On retrouve une route départementale, ce qui me fait penser que Nath a peut être suivi… Je lève les yeux et .. elle est là ! postée un peu plus haut sur le bord de la route. Un petit bisou et c’est reparti, le cœur un peu plus léger.

On est maintenant sur le plateau. De temps en temps, Nath est sur le parcours pour m’encourager, car le sentier longe plus ou moins la route.

TSV 2018 (3)

Je passe le premier ravito en 1h05′. Je pense avoir bien géré mon entame de course : il faut continuer comme ça et s’alimenter et boire régulièrement – j’ai une gêne au genou gauche: il faut maintenant attendre la montée : en chauffant on verra si ça s’estompe ou empire, mais je suis plutôt optimiste…

On coupe une dernière fois une route départementale ; Nath n’étant pas là, je crois que je vais maintenant cheminer sans soutien moral pendant un bon moment.

1h 10 de course : On est au pied de la Sainte Victoire ! Hier, en retirant le dossard, Lily me faisait remarquer le nombre important de trompe-l’œil sur les façades de Rousset. Je lui avais demandé en riant si la montagne en arrière-plan était elle aussi un dessin… Si doute il devait y avoir, je peux maintenant constater les belles dimensions du massif !

On attaque une montée sur un large sentier. Maintenant qu’on aborde le dénivelé, je m’arrête un instant pour sortir les bâtons et ranger mon sweat (en fin de compte il n’aura été qu’un excès de précaution).

J’ai pris un rythme de marche régulier, sans forcer, et au fur et mesure qu’on prend de la hauteur, j’ai tout loisir d’admirer le superbe panorama, magnifié par le petit matin.

Un peu plus haut, une bénévole nous indique que les bâtons sont inutiles. En effet, on bifurque sur la gauche dans les rochers et il va falloir mettre les deux mains ! je perds quelques minutes à ranger les bâtons. Il y a un peu trop de monde dans mon sac, ça ne ferme plus !

Il doit y avoir une bonne quinzaine de personnes qui passent mais ce n’est pas grave, je reprends place dans la file pour escalader la roche.

La montée alterne passage avec les mains et d’autres simplement à la marche. Cela reste ludique et pas trop flippant.

tsv akuna 1Photo : Akunamatata

Un dernier petit passage avec une corde et on débouche sur la crête, accueillis par un vent de tous les diables.

Heureusement, le sentier se situe en face nord, en retrait de la crête, et on est bien souvent bien abrité. La crête est peu accidentée, mais l’omniprésence de Lapiaz fait qu’il est difficile de courir. Tant pis, on va y aller tranquille, petits pas de blocs en blocs, et parfois en trottinant.

J’aperçois la Croix de Provence qui se rapproche petit à petit. La descente n’est plus loin.

tsv akuna 2Photo : Akunamatata

Parlons en, tiens, de cette descente ! après le prieuré, c’est d’abord un sentier en lacet et en pente douce, mais farci de rochers et blocs pointus, qui semblent n’avoir pour d’autre but que d’attendre une cheville à tordre ! Pas de répit pour l’instant…

Petite alerte : le genou gauche recommence à être sensible dans la descente.

Prieuré

Un peu plus bas, le sentier fait place à une large piste très raide dont la nature me laisse perplexe : béton ou mélange de terre et de chaux. Résolution : ne pas réfléchir technique routière mais plutôt tenter de rester souple pour ne pas trop casser les fibres musculaires.

J’en profite pour échanger avec en autre coureur, spécialiste de la route, mais qui n’a pas l’air trop mal à l’aise sur ce parcours technique.

Après cette longue partie « casse-pattes », le retour sur du sol régulier et quasiment plat est particulièrement apprécié !

Sur le faux-plat montant vers Vauvenargues, je suis agréablement surpris de conserver de bonnes jambes.

10h sonnent au clocher de Vauvenargues lorsque nous arrivons au deuxième ravito, vers le 22ème kilomètre. Ce coup-ci je m’alimente plus copieusement : emmental, petits sandwiches au saucisson, figues, et puis 2 ou 3 autres bricoles que j’ai oubliées.

Je mange mon deuxième sandwich en marchant, puis je passe un petit coup de fil à Nath pour la rassurer. En fait ,elle s’est connectée sur le suivi chrono et a lu sur l’écran mon passage à Vauvenargues.

Deuxième ascension de la journée : Montée des plaideurs, sur un rythme de marche correct et régulier. J’ai ressorti mes bâtons pour l’occasion.

A mi-hauteur, retour brutal du vent qui nous avait foutu la paix depuis la Croix de Provence Impossible de remettre mon coupe-vent tout seul ! heureusement un sympathique V3 me propose de m’aider.

Au sommet des plaideurs, petite traversée en balcon pour arriver à proximité du Pic des Mouches.

Un bénévole nous montre ce fameux pic. Je lui dis qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de mouches aujourd’hui ! puis il nous indique la suite du parcours. Petit instant de stress, car il faut basculer derrière la crête en face sud.

tsv akuna 3.JPGPhoto : Akunamatata

Je m’attends au pire, mais en fait, c’est moins technique et vertigineux qu’il n’y parait… En prenant son temps et en s’accrochant comme il faut aux rochers et aux arbustes, ça passe bien. Je fais juste attention de ne pas coincer mes bâtons entre les rochers.

TSV 2018 (6)Photo : Fred Prost

J’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec mon ami Fred Prost, bénévole cette année après 8 participations. Vu ou il est posté, il va bien prendre l’air !

Après avoir perdu de l’altitude en peu de temps il faut maintenant remonter vers le Pic des Mouches. Montée plus longue que j’avais imaginé, mais j’ai toujours du jus, et je suis soulagé d’en avoir fini avec les 2 parties les plus techniques.

Passage à côté d’une table d’orientation pour, sans doute, le plus beau panorama de la course.

tsv akuna 4Photo : Akunamatata

Il est temps maintenant d’attaquer une longue partie descendante, qui semble roulante , mais finalement plus technique qu’il n’y parait, toujours ces satanées pierres pointues qui affleurent. D’autant plus que mes genoux sont maintenant relativement douloureux tous les 2, je suis pénalisé dans ma foulée. ça m’inquiète un peu, on est à peine à la mi-course.

Au pied de la descente, avec mes compagnons de route du moment, on découvre un coureur groggy après une chute. D’autres concurrents ont déjà donné l’alerte.

Ravito en eau ou je bois quasiment 1 litre; puis montée douce sur une piste type DFCI. Je sympathise avec un coureur Niçois, tempes grisonnantes comme moi, qui est ici pour préparer l’UT4M. on discute un bon moment, et j’en viens presque à oublier que c’est un trail et non pas une rando !

Passé l’Oratoire de Malivert, la descente vers Puyloubier est bien plus technique que ce que j’avais imaginé. Avec les kilomètres dans les pattes et les genoux qui couinent, je suis raide et emprunté. Mon collègue niçois a fait une cabriole sous mon nez, ce qui m’incite encore plus à la prudence. Je rame vraiment et ça revient pas mal derrière, mais le but c’est d’arriver en bas entier.

tsv akuna 5Photo : Akunamatata

Ravito de Puy Loubier – 5h50 de course – 36km parcourus. Puyloubier, c’était mon objectif de base. Je voulais absolument revenir en face sud de la sainte Victoire pour que Nath puisse me récupérer facilement 😊 Maintenant je considère que ce qui reste c’est du bonus!

Je mange copieusement une nouvelle fois. Le ciel est bien couvert et quelques gouttes de pluie font leur apparition. Fausse alerte, heureusement car les roches de la Sainte Victoire glissantes, je n’ai pas envie d’expérimenter.

Un petit bout de chemin avec une traileuse locale qui me donne des infos sur la dernière difficulté à venir, la montée de Baudino. Ça n’a pas l’air si terrible en soi, hormis le fait qu’elle se situe en fin de parcours.

Montée de l’ermitage de Saint Ser, où je me remémore notre balade avec Nath, les filles, Chrystel et Christophe en 2017.

Bien aidé des bâtons, je fais la montée sur un bon rythme, je peux commencer à me lâcher quelque peu en montée. Du coup je ramarre un petit groupe. Un petit coup de fil à Nath pour lui donner ma position et j’apprends qu’elle ne sera là qu’à l’arrivée. Pas grave, j’ai encore du jus, et le moral va avec !

Après le passage en balcons, c’est le dernier raidillon vers Baudino. Je suis toujours mon petit groupe de 5 ou 6 unités, j’hésite à doubler ce joli monde, car je trouve que ça grimpe lentement, et j’ai les ressources pour aller plus vite. Finalement je reste sagement derrière, fidèle à ma stratégie de départ.

Au sommet, plus de sentier, c’est un chaos rocheux qui nous attend : des blocs entassés là par dame nature. Heureusement qu’il y a de la rubalise sous nos yeux, car sinon, on penserait s’être égaré. Il faut même s’accroupir pour se faufiler entre deux rochers… Juste après apparaît le bâtiment du refuge.

Bêtement, je ne prends pas le temps de contempler la vue, préférant me jeter dans la descente.

j’ai en fait « piaffé » d’impatience dans la montée et j’ai besoin d’un peu de rythme. Ce n’est pourtant pas le début de la descente, escarpée à souhait qui le permettra. Heureusement, la deuxième partie peut être qualifiée de roulante et permet régulièrement d’allonger la foulée.

A la bifurcation suivante, damned, ça remonte ! un peu contrarié, j’empoigne les bâtons et je me cale sur un bon rythme…

Nouvelle descente roulante et…

A la bifurcation suivante, damned, ça remonte ! un peu contrarié, j’empoigne les bâtons et je me cale sur un bon rythme…

Non, ce n’est pas une boulette de l’auteur, mais on est bel et bien en train de faire le yoyo, alors que je croyais qu’on se laisserait couler tranquillement vers le dernier ravito…

Nouvelle descente, très roulante cette fois ci. Là, « ça sent l’écurie », comme on dit. Je me permets d’un peu accélérer, c’est un luxe qui ne se refuse pas à ce stade de la course, mes genoux me laissant à peu près tranquille lorsque la pente est faible.

Je dépasse quelques coureurs, c’est excellent pour le moral.

Dernier ravito, et puis je file vers Rousset. Vers 15h, par téléphone, je donne RDV à Nath dans une heure à l’arrivée ! il est toujours permis d’être optimiste, et puis au moins je suis sûr qu’elle ne ratera pas mon arrivée ! (voir épisodes précédents).

Retour sans incident, mais avec une alternance marche/course sur la fin. Ben quoi, on a le droit de souffler un peu non ?

Enième rubalise guettée le long du parcours, car je suis bien souvent isolé. C’est l’occasion de souligner la qualité du balisage. Pas de raté sur les 60 km. Le travail accompli pour le tracé est impressionnant.

Après le moulin, j’ai le plaisir et l’honneur d’être accompagné par Fred sur quelques hectomètres. On papote et du coup, le chemin se fait naturellement et sans effort.

TSV 2018 (7)Photo : Fred Prost

Puis c’est le retour sur bitume et au bout de 9 heures et cinq minutes d’effort, l’arche d’arrivée, synonyme d’émotion et de délivrance ! Nath et Lily sont là… tout va bien , tout va très bien même….

TSV 2018 (9)  Photo : Lily

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