Trail de la Sainte Victoire – parcours des crêtes – 58km – 3000m D+ Rousset – 8 avril 2018

Rousset, 6h50 : Pas vraiment en avance, je viens juste d’arriver sur l’aire de départ, accompagné de Nath, qui cumule les fonctions de coach, préparateur physique, chauffeur, photographe officiel.

Dans 10 minutes, le départ. Je n’ai pas le souci de m’échauffer, cela se fera tranquillement sur les premiers kilomètres. Des kilomètres, il y en aura quand même 60 à parcourir pour revenir sur cette même place !

Résolution n°1 : éviter de penser au programme plus que copieux qui m’attend, comme pour les presque 400 trailers qui se regroupent progressivement entre les barrières.

Résolution n°2 Ne pas focaliser sur mes genoux, sensibles et raides depuis quelques jours, ce qui n’est pas très rassurant…

Résolution n°3 : être fataliste pour la météo : le vent a soufflé toute la nuit et même s’il s’accorde un répit, il devrait être présent toute la journée, avec peut-être un peu de pluie après midi. Mais il ne fait pas froid.

Résolution n°4: penser positif ! un parcours magnifique nous attend ! Ça fait longtemps que je rêve de faire ce trail !

Résolution n°5: rester humble vis à vis de l’effort à accomplir, Il faudra toute l’énergie disponible pour venir à bout de ce trail réputé difficile ! En ce début de saison, et même si les derniers entrainements m’ont procuré de bonnes sensations, l’heure est à la prudence et à l’humilité. Je risque de bien galérer quand même !

Résolution n°6 : ne pas oublier la résolution n°1.

Une petite photo d’avant départ, la tête de quelqu’un pas très serein.

TSV 2018 (1)

Le départ se fait en douceur, je me suis positionné au beau milieu du peloton, je n’ai pas d’objectif de résultat …

Après une petite boucle sur bitume, on attaque un monotrace ou ça commence à bouchonner. J’ai déjà chaud, et j’enlève le coupe vent (OK je suis parti avec trois couches, c’est beaucoup, mais le temps est très incertain, et je suis d’un naturel prudent !)

Petite déception : je n’ai pas vu Nath sur le bord de la route à la sortie de Rousset, elle a déjà filé !

Au bout d’environ 4km, passage sous la Nationale, sous un pont bas de plafond (techniquement, on dit que le tirant d’air est très faible). Je pense (oubli de la résolution n°1) qu’il faudra 50km et de nombreuses heures avant de repasser par ici, le temps d’éprouver toute la palette des émotions et sensations disponibles …

J’entends crier « Thierry ! ». Cette voix familière est celle de Nath, qui ne m’avait pas laissé tomber sitôt le départ donné, comme imaginé précédemment. Je suis content de la voir et me sens un peu coupable…

Le parcours est plaisant, je pensais cette approche un peu monotone, mais non ce n’est pas le cas, on traverse même un décor de western, terre ocre rouge.

Cyril Bussat 1Photo : Cyril Bussat

Devant nous, se dresse le plateau du Cengle, première ligne de rempart avant la montagne de la Sainte Victoire, qui ne semble pourtant pas avoir besoin de protection.

Par moment, le vent se calme et j’ai chaud, mais un peu plus loin, je suis bien content d’avoir une deuxième couche pour supporter une rafale.

On retrouve une route départementale, ce qui me fait penser que Nath a peut être suivi… Je lève les yeux et .. elle est là ! postée un peu plus haut sur le bord de la route. Un petit bisou et c’est reparti, le cœur un peu plus léger.

On est maintenant sur le plateau. De temps en temps, Nath est sur le parcours pour m’encourager, car le sentier longe plus ou moins la route.

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Je passe le premier ravito en 1h05′. Je pense avoir bien géré mon entame de course : il faut continuer comme ça et s’alimenter et boire régulièrement – j’ai une gêne au genou gauche: il faut maintenant attendre la montée : en chauffant on verra si ça s’estompe ou empire, mais je suis plutôt optimiste…

On coupe une dernière fois une route départementale ; Nath n’étant pas là, je crois que je vais maintenant cheminer sans soutien moral pendant un bon moment.

1h 10 de course : On est au pied de la Sainte Victoire ! Hier, en retirant le dossard, Lily me faisait remarquer le nombre important de trompe-l’œil sur les façades de Rousset. Je lui avais demandé en riant si la montagne en arrière-plan était elle aussi un dessin… Si doute il devait y avoir, je peux maintenant constater les belles dimensions du massif !

On attaque une montée sur un large sentier. Maintenant qu’on aborde le dénivelé, je m’arrête un instant pour sortir les bâtons et ranger mon sweat (en fin de compte il n’aura été qu’un excès de précaution).

J’ai pris un rythme de marche régulier, sans forcer, et au fur et mesure qu’on prend de la hauteur, j’ai tout loisir d’admirer le superbe panorama, magnifié par le petit matin.

Un peu plus haut, une bénévole nous indique que les bâtons sont inutiles. En effet, on bifurque sur la gauche dans les rochers et il va falloir mettre les deux mains ! je perds quelques minutes à ranger les bâtons. Il y a un peu trop de monde dans mon sac, ça ne ferme plus !

Il doit y avoir une bonne quinzaine de personnes qui passent mais ce n’est pas grave, je reprends place dans la file pour escalader la roche.

La montée alterne passage avec les mains et d’autres simplement à la marche. Cela reste ludique et pas trop flippant.

tsv akuna 1Photo : Akunamatata

Un dernier petit passage avec une corde et on débouche sur la crête, accueillis par un vent de tous les diables.

Heureusement, le sentier se situe en face nord, en retrait de la crête, et on est bien souvent bien abrité. La crête est peu accidentée, mais l’omniprésence de Lapiaz fait qu’il est difficile de courir. Tant pis, on va y aller tranquille, petits pas de blocs en blocs, et parfois en trottinant.

J’aperçois la Croix de Provence qui se rapproche petit à petit. La descente n’est plus loin.

tsv akuna 2Photo : Akunamatata

Parlons en, tiens, de cette descente ! après le prieuré, c’est d’abord un sentier en lacet et en pente douce, mais farci de rochers et blocs pointus, qui semblent n’avoir pour d’autre but que d’attendre une cheville à tordre ! Pas de répit pour l’instant…

Petite alerte : le genou gauche recommence à être sensible dans la descente.

Prieuré

Un peu plus bas, le sentier fait place à une large piste très raide dont la nature me laisse perplexe : béton ou mélange de terre et de chaux. Résolution : ne pas réfléchir technique routière mais plutôt tenter de rester souple pour ne pas trop casser les fibres musculaires.

J’en profite pour échanger avec en autre coureur, spécialiste de la route, mais qui n’a pas l’air trop mal à l’aise sur ce parcours technique.

Après cette longue partie « casse-pattes », le retour sur du sol régulier et quasiment plat est particulièrement apprécié !

Sur le faux-plat montant vers Vauvenargues, je suis agréablement surpris de conserver de bonnes jambes.

10h sonnent au clocher de Vauvenargues lorsque nous arrivons au deuxième ravito, vers le 22ème kilomètre. Ce coup-ci je m’alimente plus copieusement : emmental, petits sandwiches au saucisson, figues, et puis 2 ou 3 autres bricoles que j’ai oubliées.

Je mange mon deuxième sandwich en marchant, puis je passe un petit coup de fil à Nath pour la rassurer. En fait ,elle s’est connectée sur le suivi chrono et a lu sur l’écran mon passage à Vauvenargues.

Deuxième ascension de la journée : Montée des plaideurs, sur un rythme de marche correct et régulier. J’ai ressorti mes bâtons pour l’occasion.

A mi-hauteur, retour brutal du vent qui nous avait foutu la paix depuis la Croix de Provence Impossible de remettre mon coupe-vent tout seul ! heureusement un sympathique V3 me propose de m’aider.

Au sommet des plaideurs, petite traversée en balcon pour arriver à proximité du Pic des Mouches.

Un bénévole nous montre ce fameux pic. Je lui dis qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de mouches aujourd’hui ! puis il nous indique la suite du parcours. Petit instant de stress, car il faut basculer derrière la crête en face sud.

tsv akuna 3.JPGPhoto : Akunamatata

Je m’attends au pire, mais en fait, c’est moins technique et vertigineux qu’il n’y parait… En prenant son temps et en s’accrochant comme il faut aux rochers et aux arbustes, ça passe bien. Je fais juste attention de ne pas coincer mes bâtons entre les rochers.

TSV 2018 (6)Photo : Fred Prost

J’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec mon ami Fred Prost, bénévole cette année après 8 participations. Vu ou il est posté, il va bien prendre l’air !

Après avoir perdu de l’altitude en peu de temps il faut maintenant remonter vers le Pic des Mouches. Montée plus longue que j’avais imaginé, mais j’ai toujours du jus, et je suis soulagé d’en avoir fini avec les 2 parties les plus techniques.

Passage à côté d’une table d’orientation pour, sans doute, le plus beau panorama de la course.

tsv akuna 4Photo : Akunamatata

Il est temps maintenant d’attaquer une longue partie descendante, qui semble roulante , mais finalement plus technique qu’il n’y parait, toujours ces satanées pierres pointues qui affleurent. D’autant plus que mes genoux sont maintenant relativement douloureux tous les 2, je suis pénalisé dans ma foulée. ça m’inquiète un peu, on est à peine à la mi-course.

Au pied de la descente, avec mes compagnons de route du moment, on découvre un coureur groggy après une chute. D’autres concurrents ont déjà donné l’alerte.

Ravito en eau ou je bois quasiment 1 litre; puis montée douce sur une piste type DFCI. Je sympathise avec un coureur Niçois, tempes grisonnantes comme moi, qui est ici pour préparer l’UT4M. on discute un bon moment, et j’en viens presque à oublier que c’est un trail et non pas une rando !

Passé l’Oratoire de Malivert, la descente vers Puyloubier est bien plus technique que ce que j’avais imaginé. Avec les kilomètres dans les pattes et les genoux qui couinent, je suis raide et emprunté. Mon collègue niçois a fait une cabriole sous mon nez, ce qui m’incite encore plus à la prudence. Je rame vraiment et ça revient pas mal derrière, mais le but c’est d’arriver en bas entier.

tsv akuna 5Photo : Akunamatata

Ravito de Puy Loubier – 5h50 de course – 36km parcourus. Puyloubier, c’était mon objectif de base. Je voulais absolument revenir en face sud de la sainte Victoire pour que Nath puisse me récupérer facilement 😊 Maintenant je considère que ce qui reste c’est du bonus!

Je mange copieusement une nouvelle fois. Le ciel est bien couvert et quelques gouttes de pluie font leur apparition. Fausse alerte, heureusement car les roches de la Sainte Victoire glissantes, je n’ai pas envie d’expérimenter.

Un petit bout de chemin avec une traileuse locale qui me donne des infos sur la dernière difficulté à venir, la montée de Baudino. Ça n’a pas l’air si terrible en soi, hormis le fait qu’elle se situe en fin de parcours.

Montée de l’ermitage de Saint Ser, où je me remémore notre balade avec Nath, les filles, Chrystel et Christophe en 2017.

Bien aidé des bâtons, je fais la montée sur un bon rythme, je peux commencer à me lâcher quelque peu en montée. Du coup je ramarre un petit groupe. Un petit coup de fil à Nath pour lui donner ma position et j’apprends qu’elle ne sera là qu’à l’arrivée. Pas grave, j’ai encore du jus, et le moral va avec !

Après le passage en balcons, c’est le dernier raidillon vers Baudino. Je suis toujours mon petit groupe de 5 ou 6 unités, j’hésite à doubler ce joli monde, car je trouve que ça grimpe lentement, et j’ai les ressources pour aller plus vite. Finalement je reste sagement derrière, fidèle à ma stratégie de départ.

Au sommet, plus de sentier, c’est un chaos rocheux qui nous attend : des blocs entassés là par dame nature. Heureusement qu’il y a de la rubalise sous nos yeux, car sinon, on penserait s’être égaré. Il faut même s’accroupir pour se faufiler entre deux rochers… Juste après apparaît le bâtiment du refuge.

Bêtement, je ne prends pas le temps de contempler la vue, préférant me jeter dans la descente.

j’ai en fait « piaffé » d’impatience dans la montée et j’ai besoin d’un peu de rythme. Ce n’est pourtant pas le début de la descente, escarpée à souhait qui le permettra. Heureusement, la deuxième partie peut être qualifiée de roulante et permet régulièrement d’allonger la foulée.

A la bifurcation suivante, damned, ça remonte ! un peu contrarié, j’empoigne les bâtons et je me cale sur un bon rythme…

Nouvelle descente roulante et…

A la bifurcation suivante, damned, ça remonte ! un peu contrarié, j’empoigne les bâtons et je me cale sur un bon rythme…

Non, ce n’est pas une boulette de l’auteur, mais on est bel et bien en train de faire le yoyo, alors que je croyais qu’on se laisserait couler tranquillement vers le dernier ravito…

Nouvelle descente, très roulante cette fois ci. Là, « ça sent l’écurie », comme on dit. Je me permets d’un peu accélérer, c’est un luxe qui ne se refuse pas à ce stade de la course, mes genoux me laissant à peu près tranquille lorsque la pente est faible.

Je dépasse quelques coureurs, c’est excellent pour le moral.

Dernier ravito, et puis je file vers Rousset. Vers 15h, par téléphone, je donne RDV à Nath dans une heure à l’arrivée ! il est toujours permis d’être optimiste, et puis au moins je suis sûr qu’elle ne ratera pas mon arrivée ! (voir épisodes précédents).

Retour sans incident, mais avec une alternance marche/course sur la fin. Ben quoi, on a le droit de souffler un peu non ?

Enième rubalise guettée le long du parcours, car je suis bien souvent isolé. C’est l’occasion de souligner la qualité du balisage. Pas de raté sur les 60 km. Le travail accompli pour le tracé est impressionnant.

Après le moulin, j’ai le plaisir et l’honneur d’être accompagné par Fred sur quelques hectomètres. On papote et du coup, le chemin se fait naturellement et sans effort.

TSV 2018 (7)Photo : Fred Prost

Puis c’est le retour sur bitume et au bout de 9 heures et cinq minutes d’effort, l’arche d’arrivée, synonyme d’émotion et de délivrance ! Nath et Lily sont là… tout va bien , tout va très bien même….

TSV 2018 (9)  Photo : Lily

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Catégories :Course à pied

Trail Gapencimes Edelweiss – 55km 3000m D+ – 2 octobre 2016

 

Préambule

Le matin du 2 octobre 2016, covoiturage avec Jean-Mi, mon compère (mon « PACS » même !) du Châteauvieux Trail Nature.

C’est un petit trajet : nous n’habitons qu’à 10km du départ.

01 octobre 2016 (1).JPG

Dans le hall de la Blache, on attend tranquillement le départ avec Jérôme, un copain, autre local de l’épreuve.

Départ 6h du parc de la pépinière, après un joli petit discours d’Hervé Giraud-Sauveur, forfait pour cause d’anémie et manifestement ému de ne pas être sur la ligne de départ.

Heureux d’être sur la ligne et de m’élancer pour la première fois pour un trail supérieur à 50km, et serein : même si le défi est important, je suis finalement plus serein que lorsque j’attends une performance et que je sais que le départ va être déterminant. Là, il ne s’agit en fait que de partir comme pour un échauffement pour espérer, au final, de boucler le parcours malgré peu d’entrainement les mois précédents.

 

Première partie : Gap – Rabou

Boum, le départ avec musique qui va bien.

Au bout de 100m, premier couac : un bâton s’est décroché de mon sac et pendouille lamentablement. Je le retiens tant bien que mal. À 200m, c’est le deuxième qui l’imite.

Je demande alors à Jean-Mi de les détacher (s’il te plait), et de me les donner, ce sera plus simple.

Cette petite contrariété est vite oubliée (c’est un classique manque d’essai du matériel en configuration) et je peux savourer la traversée de Gap, toute assoupie, alors que mes muscles se réveillent tranquillement.

Dans la montée de Crève-cœur, la bien nommée, guère plus d’un kilomètre parcouru et je marche déjà, dans un souci d’économie d’effort. J’en profite pour déplier mes bâtons et… il y en a un qui coince. Ça fait déjà 2 problèmes en moins de 10 minutes et ça m’agace fortement !

Tant pis on verra plus tard (finalement il se décoincera tout seul avec les impacts de ma foulée).

Au lac de Charance, quelques spectateurs matinaux nous encouragent, je suis toujours accompagné de Jean-Mi avec qui on a prévu de faire un bout de chemin ensemble.

Je demande à Jean-Mi de marcher encore un peu dans la montée vers le canal, avec un pourcentage pourtant correct mais il faut vraiment en garder sous le pied !

Après l’écluse de l’œuf, c’est l’éclosion de la première grosse ascension du jour : la montée vers la brèche qui permet de franchir la crête de Charance. Il est temps de quitter le coupe-vent.

Puis nous adoptons un rythme tranquille de marche avec les bâtons.

Au cours de la montée, maladroit, je plante mon bâton dans la chaussure d’un trailer qui me dépasse, heureusement sans le blesser. Cela m’incite à plus de concentration. Il faut dire que je n’ai jamais utilisé de bâtons en groupe…

Arrivé presqu’au sommet, le soleil se lève sur une mer de nuage, spectacle fabuleux !

Photos Pierre Gibard (1)(Photo Pierre Gibard)

Passé la brèche, au milieu de spectateurs plutôt nombreux, je m’élance dans la descente sans temps mort. Il faut dire qu’après cette montée paisible, je n’ai pas envie de baisser encore ma moyenne horaire.

Jean-Mi me laisse filer dans la descente qui se fait sur un single plutôt pentu, mais attention je descends tout de même tranquillement, voulant préserver muscles et articulations.

Photos CBussat (3) (Photo Cyril Bussat)

Arrivé au pied de Rabou, je retrouve Jérôme que j’ai aperçu régulièrement depuis le départ au gré de nos pauses respectives.

Au ravito de Rabou (13km & 1h55 de course), j’attends paisiblement Jean-Mi en prenant soin de bien m’alimenter. Je discute avec quelques connaissances au milieu d’une foule inhabituelle pour ce joli petit village niché sur son roc, perdu dans une petite vallée sauvage.

Photo Alain Benoit(Photo Alain Benoit * le flou est dû à la vitesse excessive du personnage)

 

Deuxième partie : Rabou – Chaudun

Après le ravito, le parcours se fait plus roulant et Jean-Mi me dit de filer, afin de ne pas se mettre dans le rouge. C’est effectivement plus sage. C’est aussi une bonne opportunité pour moi car Jérôme est juste devant et je sais pouvoir compter sur sa connaissance du parcours et sur un niveau proche du mien.

J’opère la jonction et nous allons progresser ensemble jusqu’à Chaudun.

Le sentier des Bans est une merveille, les images parlent d’elles même…

Photos FB (1)(photo organisation)

Pour rallier Chaudun, nous remontons le long du petit Buech, sur un sentier ombragé, humide, luxuriant même. Sans être très spectaculaire, c’est assez plaisant.

Ça fait un petit moment que je laisse Jérôme mener et donner le tempo. Cela me convient tout à fait! Il faut dire je commence par moments à sentir quelques lourdeurs dans les jambes dues aux 2 heures et demie de courses déjà passées.

Je suis surpris d’être régulièrement dépassé par de véloces coureurs et coureuses. Pourtant on ne lambine pas il me semble! Mais au ravito de Chaudun, je comprendrai qu’ils sont engagés sur la course-relais et donc plus frais et en train de produire un effort complétement différent.

A chaudun (environ 22km parcourus), je prends le temps de plaisanter avec un bénévole que je connais, mais marque un arrêt plus court qu’à Rabou. Jérôme préfère s’attarder un peu plus.

 

Troisième partie : Chaudun – Notre Dame de Bois Vert

La montée de Chétive débute par un bon raidillon qui fait mal aux pattes et au moral, mais peu à peu, la pente devient régulière et d’un pourcentage modéré.

J’ai maintenant le sentiment qu’une nouvelle course commence : on est loin du départ, loin de l’arrivée, au milieu de nulle part, et le coup de fatigue peut arriver à tout moment. Jusqu’à Chaudun, la compagnie de Jean-Mi puis celle de Jérôme ont été très agréables mais également utiles : cela m’a permis de ne pas m’impatienter et rester prudent dans mes efforts. En même temps, tout a été facile. Le plus dur reste à venir, et j’appréhende cette partie du parcours que je ne connais pas.

Je prends progressivement mon rythme de montée (à la marche bien sur !) et commence à reprendre des coureurs. Je ralentis un peu pour attendre Jérôme qui recolle petit à petit.

À mi-pente, il fait une pause et me laisse à nouveau filer. Contre toute attente, je ne le reverrai plus jusqu’à l’arrivée.

Bien aidé par les bâtons et grâce à un terrain et une pente réguliers, la montée de Chétive ne sera finalement qu’une formalité…

Au col de Chétive, un courant d’air froid annonce l’entrée dans le Champsaur ! Je me lance dans la descente avec l’agréable sensation de jambes qui répondent correctement. c’est vraiment appréciable d’autant plus qu’il y a pas mal de pierriers et il vaut mieux être en forme pour éviter la chute ou… l’entorse (j’ai toujours en tête ma cheville pas encore complètement confortée…) Alors Je reste prudent.

Lorsque l’on retrouve des pâturages puis la forêt, je lâche un peu plus les chevaux et double quelques coureurs. Il ne faut pas s’enflammer mais je sais que mon objectif minimal de rejoindre Bois-vert, eh bien, c’est dans la poche !

Au ravito de bois-vert (kilomètre 33), je savoure cette première satisfaction d’être arrivé jusque-là … je m’alimente, prends le temps d’un SMS à Jean-Mi, et je guette l’arrivée de Jérôme.

Au bout de quelques minutes (5?), ne voyant rien venir, je me résous à repartir en solitaire.

 

Quatrième partie : ND Bois-vert – Col de Gleize

À nouveau, il faut prendre un rythme régulier de montée avec cette fois encore, une pente très favorable. Le parcours de ce Gapencimes est décidément très agréable.

Au bout de quelques hectomètres, je me fais à nouveau doubler par une fusée, mais cette fois, j’ai compris qu’il s’agit d’un relayeur.

Un peu plus haut, Je prends le temps de téléphoner à ma petite femme, mais pas de chance : répondeur.

La montée se fera tout à la marche (rapide), en solitaire, même si je passe régulièrement quelques concurrents.

L’un deux me dit avec humour qu’il a les mêmes chaussures que moi, mais qu’avec lui elles vont moins vite. Effectivement, je pense être une nouvelle fois plutôt véloce dans cette montée.

Le moral est au beau fixe. Le temps, lui, semble tourner vers la pluie.

Je n’ai pas de douleur, hormis… aux coudes : je force sans doute trop sur les batons.

Un passage magnifique vers la moitié de l’ascension, que j’ai la surprise de découvrir. J’imaginais cette montée moins aérienne. Gare aux chutes de pierres sur les suivants !

Photos FB (5)(photo organisation)

Puis la pente s’adoucit quelque peu, le sentier traverse des pâturages et laisse de côté une bergerie isolée.

Un coup d’œil me permet d’apercevoir le sommet encore assez loin et des grappes de coureurs accrochés au flan de la montagne. ça semble raide…

Et ça l’est ! la dernière partie vers la crête de Mouttet est comment dire… sévère, enfin surtout lorsqu’on a 30 bornes dans les pattes !

Je me rappelle le conseil de Serge, l’organisateur, croisé peu avant le départ : « Si t’es cuit à Bois-Vert, tu ne pourras pas passer Mouttet » Je comprends mieux.

Pour ne rien arranger j’ai un échauffement sur un des talons et je redoute l’ampoule. Une petite pause pour tenter de régler mes chaussettes mais rien de concluant.

Bien content de déboucher sur la crête, je constate que courir y est difficile. En effet, le sentier est mal tracé, il y a des pierres de partout et puis aussi, le bonhomme commence à fatiguer. Je trottine malgré tout et marche parfois, sans m’en offusquer. Le plus dur est fait !

Descente vers Laye: je trouve un bon rythme suivi comme mon ombre par Laurent, un coureur jovial avec qui j’ai pu échangé quelques impressions.

Remontée vers Gleize : Je dois m’arrêter pour ravitailler car plus rien d’accessible sauf au fond du sac.. et je décroche d’un petit groupe dans lequel j’avais trouvé place.

Je le rejoins un peu plus haut, signe que je suis encore dans le coup. Peut-être ai-je un peu trop mis les gaz ou tout simplement la fatigue, mais la redescente vesr le col de Gleize me semble pénible.

Au ravito de Gleize, pas trop d’arrêt parce que je commence à « languir » l’arrivée. (il reste une bonne dizaine de km de descente).

Laurent me propose de faire la descente à bloc, chose que je ne peux promettre…

 

Cinquième partie : Col de Gleize – Gap

Effectivement, cette descente s’avère rapidement difficile, je crois que mon organisme a assez donné pour aujourd’hui et je faiblis sacrément…

Je vais donc rentrer tranquillement.

Quelques concurrents vont me dépasser, mais cela n’aura de toute façon jamais été une compétition aujourd’hui, juste un effort personnel.

Je reçois quelques gouttes de pluie mais pour l’instant le temps se maintient.

Le compteur n’avance pas très vite, mais chaque foulée me rapproche de l’arrivée, et j’essaye de savourer ces instants. À l’entrée de la pépinière quelque visages familiers me sourient et m’encouragent, et je sens monter une bouffée d’émotion. Les yeux humides, j’entends Vincent le speaker qui annonce mon arrivée. Voilà, c’est fait.

 

Résultat Gapencimes

Catégories :Course à pied

Trail des Balcons de Châteauvieux 11km 450 mD+ – 14 août 2016

Cette année encore, j’ai prévu de participer au TBC, sur le parcours Elite, afin d’effectuer ici ma 5ème course pour le challenge des trails 05 (les 5 meilleurs résultats sont comptabilisés).

C’est aussi l’occasion d’étrenner le maillot du club à domicile.

Malheureusement, le mardi avant la course, je me tords la cheville (la droite ce coup-ci). Les jours suivants je ressens une petite douleur à chaque foulée.

J’hésite à courir, mais je ne me résous pas à renoncer… Je gamberge et finalement, le samedi en fin d’après-midi, je m’inscris sur le parcours 11km qui ne comporte aucune réelle descente technique : avec une chevillière, ça devrait passer…

En plus, il y a 2 copains du club également engagés sur cette distance, ainsi que Vincent, pour qui c’est un premier dossard de coureur…

 

Dimanche matin, j’officie à la remise des dossards. C’est un peu plus long que les années précédentes avec la gestion des puces. Le travail d’organisation m’occupe jusqu’à 9h et je n’ai que peu de temps pour me changer, opération que je fais donc précipitamment. J’oublie mon dossard dans le coffre de la voiture, et je dois in extrémis en récupérer un inutilisé auprès du chronométreur. Je me positionne sur l’aire de départ dans les derniers instants avant le compte à rebours, sans échauffement, mais déjà bien chargé en adrénaline.

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Après une première boucle sous le village difficile à négocier, je repasse sur la place en 11ème position, puis je commence à trouver mon rythme et à reprendre quelques coureurs.

La première côte vers le chalet, effectuée à la marche, me permet de trouver mon second souffle, et à partir de là, ma course est véritablement lancée. Je suis alors 7ème et peut constater que cette première difficulté a bien étiré le peloton.

La chaleur est déjà bien présente alors qu’il n’est que 9h30 !

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Je reviens progressivement sur le 6ème que je rejoins au sommet de la petite côte vers le lac de Selin, au 3ème kilomètre.

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Je bascule avant lui dans la ravine, pour ouvrir la route… C’est toujours un passage incroyablement fun.

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Sur les 2 kilomètres suivants, une partie toute en single, sinueuse et en relances, je sais que ma connaissance parfaite du parcours est un énorme atout.

Au milieu de la crête de la Calada, mon poursuivant lâche prise.

J’effectue la descente vers Ville-vieille sur un bon tempo, mais avec un peu de retenue et beaucoup de concentration sur mes appuis, afin d’éviter un nouveau faux-pas sur ma cheville droite.

De ce côté-là, tout va bien, la chevillière ne gêne pas et je ne sens quasiment aucune douleur.

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Dans la montée de Lettret, j’ai en point de mire les 3 coureurs qui me précédent, avec un écart qui ne semble pas insurmontable. Les 2 fusées qui mènent la course, Stéphane Ricard et Jérémy Royo, sont quant à elles loin devant.

J’effectue la première moitié de l’ascension sur un bon rythme de marche, et lorsque la pente devient plus raisonnable, je peux relancer en courant.

Peu à peu, je reviens sur un coureur qui semble à la peine, car il doit marcher dans une partie en faux-plat. Pour ma part, tout va bien.

Peu après le 7ème kilomètre, je reçois les encouragements de Nath et Cloé, en poste sur un point de contrôle.

A ce stade, j’ai déjà doublé les derniers du 22km avec quelques mots d’encouragements réciproques.

Je prends la 5ème position à mon concurrent dans la dernière partie de la montée, lorsqu’il marche à nouveau.

Je me dis qu’il faut profiter de son coup de moins-bien pour creuser un écart suffisant, car les trois derniers kilomètres sont roulants et il est sans doute plus véloce que moi, vu son rythme du début de course.

Je ne m’arrête pas au 2ème ravito, à la table d’orientation. Ce n’est pas le moment de perdre du temps, car j’ai le 4ème en point de mire et je ne sais pas ou en est mon poursuivant.

A la bifurcation entre les 2 parcours, on retrouve le bitume et il reste moins de 2 kilomètres.

Je conserve suffisamment de jus pour pouvoir « envoyer » dans la descente. Heureusement, car mon poursuivant reviens peu à peu sur moi, et m’oblige à maintenir un effort maximal. A l’approche du village, je comprends que la 5ème place est assurée mais j’ai encore de la ressource pour finir à bloc et savourer la dernière ligne droite sous les applaudissements du public Châteauviard.

Bilan : un beau top 5 à domicile, premier master 1 ; je suis très satisfait de mes sensations et de mon résultat du jour.

Comme chaque année, mon papa est venu me féliciter à l’arrivée.

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Cela efface parfaitement la déception de ne pas avoir couru le parcours 22km.

Balcons de Châteauvieux 2016 (20)

Une super journée riche en émotions… Des émotions d’organisateur, coureur, Châteauviard, père, fils, mari …, exacerbées parce que tout est réuni, la famille, les amis, la passion, dans un cadre familier et chéri : mon village.

Catégories :Course à pied

Trail des cimes du Buëch 16km 950m D+ – 22 mai 2016

Début avril, je me suis bien foulé la cheville gauche lors d’une sortie anodine sur les chemins Châteauviards.

Du coup, j’ai déclaré forfait au Trail Drôme puis au Trail de la Paix, en laissant à mes amis Sébastien et Jean-Michel le soin de représenter le tout nouveau club « Châteauvieux Trail Nature ».

Avec du vélo, des footings sur route puis un retour progressif dans les chemins et sentiers, j’ai pu constater que ma cheville s’était consolidée et j’ai décidé de reprendre le cours de mon calendrier de courses avec ce Trail des cimes du Buëch.

 

J’effectue le déplacement jusqu’à La Faurie avec Jean-Michel et Matthieu (Châteauvieux Trail Nature).

Même si ma condition physique semble bonne, c’est néanmoins avec une certaine appréhension que j’aborde l’épreuve, car je suis bien conscient que la guérison de ma cheville n’est pas totale et qu’elle reste vulnérable.

 

A 9h, avec une météo idéale, nous voilà partis à l’abordage des « cimes du Buëch »!

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Cela commence pourtant par un petit kilomètre dans la plaine, sur un chemin herbeux, où je reste prudent, car un trou mal intentionné peut toujours se cacher sous l’herbe, même si l’organisation a pris soin de faucher le parcours. J’ai quand même réussi un départ qui me place dans mon groupe de niveau.

La montée arrive bien vite et le premier coup de cul est raide. J’hésite un peu à marcher après si peu de chemin parcouru, mais je préfère ne pas me mettre dans le rouge. Du coup, une poignée de coureurs me dépassent.

Je ne regrette pas, car sitôt la pente plus favorable, j’arrive à trouver mon rythme et reprend peu à peu quelques positions sur la première partie de la montée, majoritairement sur une piste large mais bien pierreuse qui permet d’atteindre le col de Seille.

La deuxième partie de la montée vers le relais se fait un sentier assez pentu. Un panonceau « ça va piquer! » ne laisse d’ailleurs aucune illusion.

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Le parcours sort du bois et on découvre une jolie vue côté Sud.

Je marche sur un bon rythme et dépasse encore quelques concurrents

Au sommet, je débouche finalement en tête du groupe de coureurs que j’ai en point de mire depuis le début. C’est très bon pour le moral, car j’ai effectué une belle ascension. Par contre, devant, le trou est fait ! A cet instant je suis en fait 8ème de la course, une position dont je n’ai pas connaissance.

Après être passé entre les antennes, il est l’heure d’aborder une première descente sur un chemin de crête plutôt caillouteux. Je ne suis pas en confiance, et je reste concentré sur mes appuis. Je ne suis sans doute pas sur un gros rythme… Confirmation m’est donnée en partie basse lorsque 2 coureurs me dépassent peu avant le ravito du col de Marjariès.

C’est dur de relancer dans la deuxième ascension : j’accuse un peu le coup sur la première portion, et je sens que ça revient derrière.

Petit à petit, je retrouve du jus et je repasse finalement devant l’un des deux coureurs avant le sommet.

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La crête de la Longeagne est très plaisante. Tout d’abord, le panorama est sublime, mais il est difficile d’en profiter pleinement. Et puis, le parcours est très roulant, surtout lorsqu’on récupère une piste qui alterne légers faux-plats montants et descendants. J’ai de très bonnes sensations et j’en profite pour forcer légèrement mon allure, histoire de creuser l’écart sur mes poursuivants avant la descente. J’ai une impression d’efficacité et c’est vraiment très agréable !

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Et puis arrive la descente… Très pentue comme prévue. Je ne suis déjà pas à l’aise dans les descentes raides, mais l’appréhension de flinguer ma cheville n’arrange pas du tout les choses… Je suis scotché à la pente et très rapidement, j’entends un coureur derrière moi, que je laisse passer.

Un peu plus tard, à nouveau des bruits de pas dans mon dos. Mais cette fois, c’est Gaël Reynaud, le vainqueur 2015, en mode « touriste » cette année. Il vole littéralement ! en quelques instant il disparaît de ma vue entre les arbres.

Heureusement, cette partie de descente n’est pas très longue et le col St André est atteint assez rapidement, mais avec un nouveau coureur à mes basques.

Sur le reste de la descente, je peux mieux dérouler ma foulée, mais je ne suis pas complètement à l’aise quand même. Je me suis trop crispé sur le haut de la descente, et ça a accentué la fatigue musculaire. Je limite quand même les dégâts, et au pied de la descente, aux Granges, je n’ai finalement perdu qu’une seule place.

17 km profil

Il reste maintenant à rallier l’arrivée…  Ayant soigneusement étudié le profil de la course, j’ai repéré les 3 petites « dents de scie » sur les 3 derniers kilomètres. Les jambes sont maintenant fatiguées, et cette alternance de petites montées et descentes devient pénible. Je maintiens l’écart d’une trentaine de mètres avec le jeune coureur qui me poursuit, et derrière pas d’autre concurrent en vue. Pas de quoi s’affoler.

Après avoir compté les 3 montées, je me dis que l’arrivée ne doit plus être très loin…  Enfin, on entend le speaker puis on retrouve le bitume.

Je relance dans la dernière descente, mais le jeune coureur est plus frais et me dépasse imparablement dans le chemin le long du Buëch (j’aurai l’occasion de faire sa connaissance et d’échanger avec lui lors du repas d’après course).

Pas grave, je termine 11ème et sans pépin. Un peu plus tard, l’affichage du classement me confirme ce que je devinais : je suis premier vétéran 1 !

C’est donc un premier podium pour moi en 2016, et c’est aussi le premier podium du Châteauvieux Trail Nature.

Cette matinée sportive se conclut par un repas d’après course bien sympa dans une ambiance conviviale.

Merci à Nicolas, Manu et leur équipe de bénévoles. Bravo à Julien Michelon, vainqueur un peu inattendu mais logique, au vu de sa progression en une année de course à pied. Nul doute que l’on va souvent entendre parler de ce jeune coureur dans les années à venir.

 

Photos: organisation

 

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Histoires grolles

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Plus de 40 ans séparent mes toutes premières chaussures de marcheur débutant et mes toutes dernières armes de traileur confirmé.

Durant ces années, j’ai marché, couru, sauté, j’ai trébuché, pris des gadins, me suis relevé, j’ai avancé et parfois reculé, j’ai poursuivi et j’ai fui, j’ai grimpé et dévalé, j’ai sprinté mais aussi flâné, j’ai souvent été « en nage », tout ça au propre comme au figuré.

J’ai conjugué encore plein d’autres verbes.

Le temps est passé, les chaussures ont changé, moi aussi…

Quoique.

Même si je ne suis devenu « coureur à pied » qu’à l’approche de la trentaine, un peu tardivement, il était obligatoire que cela arrive un jour.

Je me rappelle que petit, j’allais toujours chez mes copains en courant.

Quand je descendais chez mes grands parents, j’effectuais toujours les quelques hectomètres en courant à fond, parfois stoppé par un petit déjeuner qui voulait remonter.

Plus tard, lors des parties de foot entre copains, j’affectionnais les longues courses sur l’aile et le jeu en mouvement, compensant par un engagement physique une technique très basique.

J’ai toujours eu l’esprit de compétition, mais un compétiteur de l’inutile et du ludique, sans ambition autre que de se tirer la bourre entre copains, en gros, que les trucs qui comptent pour du beurre.

En retrouvant ces petites chaussures, d’une pointure ridicule, pas mal de questions se bousculent dans ma tête:

Qu’est ce qui reste de mon âme d’enfant ?

Est-ce que l’homme que je suis devenu ne décevrait pas l’enfant que j’ai été ?

Le chemin parcouru (j’ai sans doute déjà passé la mi-course) me satisfait-il ?

Est-ce que le fait d’avoir été un enfant heureux et épanoui facilite la vie d’adulte?

N’est ce pas plutôt le contraire?

Une chose n’a pas changé: enfant, je ne voulais pas grandir, et maintenant non plus.

J’ai toujours voulu arrêté le temps, est-ce pour cela que je cours après le chronomètre?

A 23h18, n’est il pas l’heure d’aller se coucher?

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Challenge des trails de Provence 2014

27 novembre 2014 1 commentaire

Petit retour en arrière: En novembre 2013, je montais sur la 3ème marche du podium vétéran 1 du challenge trail court (1ère édition) lors de la remise des prix.

Petit coup de pouce du destin: j’étais en fait 4ème du classement final, et j’obtenais la dernière place sur le podium grâce au non-cumul des récompenses, Stéphane Oliva, le premier VH1, ayant décroché la troisième place du scratch lors de la finale à Gap.

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Je pensais avoir optimisé au mieux mes chances et que cette opportunité ne se reproduirait pas en 2014, je m’explique: avec plus de courses au calendrier et sans finale obligatoire, le nombre de finishers devait augmenter et le niveau du classement aussi en toute logique.

Malgré cela, je voulais renouveler l’expérience du challenge trail court en 2014, avec la possibilité de découvrir d’autres courses comme motivation complémentaire.

Retour en octobre 2014:

J’ai finalement participé à 7 courses cette année, dont 3 nouvelles pour moi, avec de solides résultats à la clé, qui me permettent contre toute attente d’être 12ème au classement et 4ème VH1 avant la dernière épreuve, le trail du Cousson.

Une semaine plus tard, grâce à son podium sur le trail du Cousson, Stéphane Oliva récupère in extremis la 3ème place scratch du challenge… et, par conséquent, je grimpe à nouveau sur la dernière marche du podium VH1.

C’est quand même une curieuse et rigolote répétition d’un scénario improbable!

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Allez, je ne vais pas bouder mon plaisir et je profite pleinement d’apparaitre une nouvelle fois au palmarès du challenge des trails de Provence, même s’il n’est pas représentatif du niveau régional.

Cela conclut une année sportive faste pour moi, ou j’ai réalisé de très belles courses, notamment à partir de juin. Objectivement. Pas de fausse modestie, ni d’orgueil déplacé, mais il faut savoir apprécier à sa juste valeur ce que la vie vous offre, sportivement comme ailleurs.

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Trail du Cousson 45km 2500m D+ – 12 octobre 2014

28 octobre 2014 2 commentaires

Enfin, j’ai bouclé mon premier trail long…

Alors que d’autres, moins expérimentés, sont déjà « finishers » d’ultras…

Chacun son style ! j’ai toujours privilégié le court, d’autant que les nombreux bobos m’ont souvent contraint à des volumes d’entraînement allégés.

Cette année, après de nombreuses satisfactions sur trail court et ayant été plutôt épargné par les pépins physiques, il était temps de s’y mettre.

Et puis, les terres noires et la barre des Dourbes me tentaient depuis pas mal de temps déjà.

Trail Cousson 2014

Une semaine après le Gapencimes, la récupération est loin d’être optimale, et c’est une raison supplémentaire d’aborder humblement cette distance inédite pour moi…

Sur l’aire de départ, je retrouve Fred et son acolyte Jeff, les personnages centraux du magnifique blog de Fred.

Je suis très content de les trouver là, car en plus de l’aspect amical, je sais qu’ils vont me lancer sur de bonnes bases.

 

A 9h, c’est parti pour un grosse virée dans les montagnes Dignoises !

Comme lors de mes jeunes années, je me suis calé dans la masse du peloton, sans m’occuper de ce qui se passe devant.

On discute tranquillement avec Fred et Jeff, rien à voir avec une épreuve de vitesse.

Un embouteillage sur une passerelle : pas de problème, j’ai le temps…

 

Au bout de 2 kilomètres d’échauffement, la pente s’élève et je double des coureurs par grappes. Inutile d’être démesurément lent, mais il ne faut pas s’enflammer non plus.

Un coup d’œil derrière et je vois Fred à quelques mètres : tout va bien.

Un petit passage dans des terres noires et on attaque un long single dans en sous-bois au profil relativement doux.

Un petit groupe se forme, à la queue leu leu.

C’est plaisant de courir en souplesse, sur un rythme d’entraînement, dans un cadre si agréable.

Un passage un peu escarpé dans un vallon offre un peu de diversité à notre progression.

Quelques gouttes de pluie nous rappellent que les prévisions météo ne sont pas très bonnes pour ce dimanche. Pour l’instant ça va, le ciel est couvert, mais la visibilité sur les sommets est bonne.

Premier ravito au 9ème kilomètre en contrebas du hameau des Dourbes: je prends quelques minis sandwiches au jambon, seule présence de salé repérée… On m’annonce 38ème : ouais, pourquoi pas ?

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Une petite portion de bitume, le temps d’admirer la barre des Dourbes, en contre plongée.

C’est parti pour la première grosse ascension de la journée. Beaucoup de changements de pente, ce qui évite la monotonie.

Je marche sur 90 % de la montée, et je suis impressionné par ceux qui courent, vu les pourcentages… et les efforts à venir.

J’ai déjà mal aux jambes, ce qui m’inquiète un peu car on n’est qu’au quart de la distance…

Lorsque je débouche sur la crête (Pas de Labaud), le vent est fort et quelques gouttes de pluie gênent la vision. Je prends le temps d’enfiler un coupe-vent et de récupérer un bidon plein dans mon sac.

Cette petite pause est plutôt bénéfique pour affronter le passage sur la barre des Dourbes, délicat, entre les dalles humides et donc glissantes, les buisson de buis qui griffent les guiboles, le vent froid et la bruine. J’arrive quand même à apprécier la vue de chaque côté, étant surpris par la finesse de cette barre, que j’imaginais plus en plateau.

Cousson 2014

Au Pas de Tartonne, avant d’amorcer la descente, j’encourage les bénévoles, qui doivent vraiment se les cailler.

Après un passage délicat, la parcours emprunte un monotrace en faux plat descendant, au pied de la barre, avec de nombreux arbres en travers (ça sent le parcours de repli, tout ça…). Cette portion est pourtant très agréable, car on est à l’abri du vent, et la pente est idéale pour se refaire la cerise. J’ai le moral et je plaisante à l’occasion.

Un peu plus loin, ça descend franchement et il faut modérer son allure pour ne pas se fracasser les muscles.

Un retour vallonné vers le hameau des Dourbes, où j’ai un petit coup de moins bien alors que je passe devant le panneau 20km.

Remplissage des gourde au 2ème ravito avant un joli secteur de terres noires puis un single dans une ambiance provençale (Tout ceci n’est pas sans me rappeler mes collines Chateauviardes)

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Je dépasse plusieurs coureurs, preuve que mon rythme est bon, même si les jambes deviennent lourdes… Je cours encore sur les faux-plats, mais je marche dès que ça monte franchement.

Le panneau 25km me laisse dubitatif, et j’essaye d’oublier qu’il reste 20 bornes…

Un superbe passage dans une ravine boueuse, puis je trouve un compagnon de route jusqu’au pied de l’ascension du Cousson : ça fait du bien d’échanger quelques phrases.

C’est parti pour la deuxième grosse ascension ! Je suis maintenant sur des terrains connus.

Je décide d’effectuer cette montée tranquillement sans forcer. Le but c’est de rentrer, il n’y aura pas de résultat au bout ! Sur la montée, je vais encore marcher à 90 %. Sur le faux-plat descendant intermédiaire, je vais courir et puis voilà.

Je ne regarde pas le panneau 30km, qui semble être là juste pour me narguer.

Je rattrape régulièrement des concurrents du parcours 30km, dont beaucoup de concurrentes, dont certaines que je dépasse à regret.

Le dernier raidillon me paraît moins violent que les autres fois : normal, je le prends tranquillou en mangeant un morceau de pain, avec lequel je manque de m’étouffer..

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Ça y’est, me voici sur la crête du Cousson, avec un fort vent mais sans pluie cette fois (toute menace semble écartée de ce côté là)

Il ne reste plus qu’à redescendre dans la vallée. Les jambes sont désormais raides comme des piquets et le début de la descente, excessivement pentue, est un supplice.

Quand la pente s’adoucit, les jambes ont du mal à répondre et je me traîne lamentablement.

Peu à peu, la foulée se fait un peu plus fluide et j’ai l’agréable surprise de retrouver de la vélocité sur le bas, et d’arriver à bien négocier les passages hypers délicats, très raides et glissants.

Je termine finalement pas si mal en 5h52’ d’effort, fier d’avoir enfin parcouru cette distance.

Fred et Jeff arrivent peu après, et nous pourrons profiter ensemble du buffet campagnard.

 

Une première expérience qui me donne l’envie d’en connaître d’autres, et qui sera aussi sans doute très enrichissante pour la gestion de courses plus courtes.

A noter la présence de nombreux bénévoles tout le long de ce superbe parcours.

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