Trail Gapencimes Edelweiss – 55km 3000m D+ – 2 octobre 2016

 

Préambule

Le matin du 2 octobre 2016, covoiturage avec Jean-Mi, mon compère (mon « PACS » même !) du Châteauvieux Trail Nature.

C’est un petit trajet : nous n’habitons qu’à 10km du départ.

01 octobre 2016 (1).JPG

Dans le hall de la Blache, on attend tranquillement le départ avec Jérôme, un copain, autre local de l’épreuve.

Départ 6h du parc de la pépinière, après un joli petit discours d’Hervé Giraud-Sauveur, forfait pour cause d’anémie et manifestement ému de ne pas être sur la ligne de départ.

Heureux d’être sur la ligne et de m’élancer pour la première fois pour un trail supérieur à 50km, et serein : même si le défi est important, je suis finalement plus serein que lorsque j’attends une performance et que je sais que le départ va être déterminant. Là, il ne s’agit en fait que de partir comme pour un échauffement pour espérer, au final, de boucler le parcours malgré peu d’entrainement les mois précédents.

 

Première partie : Gap – Rabou

Boum, le départ avec musique qui va bien.

Au bout de 100m, premier couac : un bâton s’est décroché de mon sac et pendouille lamentablement. Je le retiens tant bien que mal. À 200m, c’est le deuxième qui l’imite.

Je demande alors à Jean-Mi de les détacher (s’il te plait), et de me les donner, ce sera plus simple.

Cette petite contrariété est vite oubliée (c’est un classique manque d’essai du matériel en configuration) et je peux savourer la traversée de Gap, toute assoupie, alors que mes muscles se réveillent tranquillement.

Dans la montée de Crève-cœur, la bien nommée, guère plus d’un kilomètre parcouru et je marche déjà, dans un souci d’économie d’effort. J’en profite pour déplier mes bâtons et… il y en a un qui coince. Ça fait déjà 2 problèmes en moins de 10 minutes et ça m’agace fortement !

Tant pis on verra plus tard (finalement il se décoincera tout seul avec les impacts de ma foulée).

Au lac de Charance, quelques spectateurs matinaux nous encouragent, je suis toujours accompagné de Jean-Mi avec qui on a prévu de faire un bout de chemin ensemble.

Je demande à Jean-Mi de marcher encore un peu dans la montée vers le canal, avec un pourcentage pourtant correct mais il faut vraiment en garder sous le pied !

Après l’écluse de l’œuf, c’est l’éclosion de la première grosse ascension du jour : la montée vers la brèche qui permet de franchir la crête de Charance. Il est temps de quitter le coupe-vent.

Puis nous adoptons un rythme tranquille de marche avec les bâtons.

Au cours de la montée, maladroit, je plante mon bâton dans la chaussure d’un trailer qui me dépasse, heureusement sans le blesser. Cela m’incite à plus de concentration. Il faut dire que je n’ai jamais utilisé de bâtons en groupe…

Arrivé presqu’au sommet, le soleil se lève sur une mer de nuage, spectacle fabuleux !

Photos Pierre Gibard (1)(Photo Pierre Gibard)

Passé la brèche, au milieu de spectateurs plutôt nombreux, je m’élance dans la descente sans temps mort. Il faut dire qu’après cette montée paisible, je n’ai pas envie de baisser encore ma moyenne horaire.

Jean-Mi me laisse filer dans la descente qui se fait sur un single plutôt pentu, mais attention je descends tout de même tranquillement, voulant préserver muscles et articulations.

Photos CBussat (3) (Photo Cyril Bussat)

Arrivé au pied de Rabou, je retrouve Jérôme que j’ai aperçu régulièrement depuis le départ au gré de nos pauses respectives.

Au ravito de Rabou (13km & 1h55 de course), j’attends paisiblement Jean-Mi en prenant soin de bien m’alimenter. Je discute avec quelques connaissances au milieu d’une foule inhabituelle pour ce joli petit village niché sur son roc, perdu dans une petite vallée sauvage.

Photo Alain Benoit(Photo Alain Benoit * le flou est dû à la vitesse excessive du personnage)

 

Deuxième partie : Rabou – Chaudun

Après le ravito, le parcours se fait plus roulant et Jean-Mi me dit de filer, afin de ne pas se mettre dans le rouge. C’est effectivement plus sage. C’est aussi une bonne opportunité pour moi car Jérôme est juste devant et je sais pouvoir compter sur sa connaissance du parcours et sur un niveau proche du mien.

J’opère la jonction et nous allons progresser ensemble jusqu’à Chaudun.

Le sentier des Bans est une merveille, les images parlent d’elles même…

Photos FB (1)(photo organisation)

Pour rallier Chaudun, nous remontons le long du petit Buech, sur un sentier ombragé, humide, luxuriant même. Sans être très spectaculaire, c’est assez plaisant.

Ça fait un petit moment que je laisse Jérôme mener et donner le tempo. Cela me convient tout à fait! Il faut dire je commence par moments à sentir quelques lourdeurs dans les jambes dues aux 2 heures et demie de courses déjà passées.

Je suis surpris d’être régulièrement dépassé par de véloces coureurs et coureuses. Pourtant on ne lambine pas il me semble! Mais au ravito de Chaudun, je comprendrai qu’ils sont engagés sur la course-relais et donc plus frais et en train de produire un effort complétement différent.

A chaudun (environ 22km parcourus), je prends le temps de plaisanter avec un bénévole que je connais, mais marque un arrêt plus court qu’à Rabou. Jérôme préfère s’attarder un peu plus.

 

Troisième partie : Chaudun – Notre Dame de Bois Vert

La montée de Chétive débute par un bon raidillon qui fait mal aux pattes et au moral, mais peu à peu, la pente devient régulière et d’un pourcentage modéré.

J’ai maintenant le sentiment qu’une nouvelle course commence : on est loin du départ, loin de l’arrivée, au milieu de nulle part, et le coup de fatigue peut arriver à tout moment. Jusqu’à Chaudun, la compagnie de Jean-Mi puis celle de Jérôme ont été très agréables mais également utiles : cela m’a permis de ne pas m’impatienter et rester prudent dans mes efforts. En même temps, tout a été facile. Le plus dur reste à venir, et j’appréhende cette partie du parcours que je ne connais pas.

Je prends progressivement mon rythme de montée (à la marche bien sur !) et commence à reprendre des coureurs. Je ralentis un peu pour attendre Jérôme qui recolle petit à petit.

À mi-pente, il fait une pause et me laisse à nouveau filer. Contre toute attente, je ne le reverrai plus jusqu’à l’arrivée.

Bien aidé par les bâtons et grâce à un terrain et une pente réguliers, la montée de Chétive ne sera finalement qu’une formalité…

Au col de Chétive, un courant d’air froid annonce l’entrée dans le Champsaur ! Je me lance dans la descente avec l’agréable sensation de jambes qui répondent correctement. c’est vraiment appréciable d’autant plus qu’il y a pas mal de pierriers et il vaut mieux être en forme pour éviter la chute ou… l’entorse (j’ai toujours en tête ma cheville pas encore complètement confortée…) Alors Je reste prudent.

Lorsque l’on retrouve des pâturages puis la forêt, je lâche un peu plus les chevaux et double quelques coureurs. Il ne faut pas s’enflammer mais je sais que mon objectif minimal de rejoindre Bois-vert, eh bien, c’est dans la poche !

Au ravito de bois-vert (kilomètre 33), je savoure cette première satisfaction d’être arrivé jusque-là … je m’alimente, prends le temps d’un SMS à Jean-Mi, et je guette l’arrivée de Jérôme.

Au bout de quelques minutes (5?), ne voyant rien venir, je me résous à repartir en solitaire.

 

Quatrième partie : ND Bois-vert – Col de Gleize

À nouveau, il faut prendre un rythme régulier de montée avec cette fois encore, une pente très favorable. Le parcours de ce Gapencimes est décidément très agréable.

Au bout de quelques hectomètres, je me fais à nouveau doubler par une fusée, mais cette fois, j’ai compris qu’il s’agit d’un relayeur.

Un peu plus haut, Je prends le temps de téléphoner à ma petite femme, mais pas de chance : répondeur.

La montée se fera tout à la marche (rapide), en solitaire, même si je passe régulièrement quelques concurrents.

L’un deux me dit avec humour qu’il a les mêmes chaussures que moi, mais qu’avec lui elles vont moins vite. Effectivement, je pense être une nouvelle fois plutôt véloce dans cette montée.

Le moral est au beau fixe. Le temps, lui, semble tourner vers la pluie.

Je n’ai pas de douleur, hormis… aux coudes : je force sans doute trop sur les batons.

Un passage magnifique vers la moitié de l’ascension, que j’ai la surprise de découvrir. J’imaginais cette montée moins aérienne. Gare aux chutes de pierres sur les suivants !

Photos FB (5)(photo organisation)

Puis la pente s’adoucit quelque peu, le sentier traverse des pâturages et laisse de côté une bergerie isolée.

Un coup d’œil me permet d’apercevoir le sommet encore assez loin et des grappes de coureurs accrochés au flan de la montagne. ça semble raide…

Et ça l’est ! la dernière partie vers la crête de Mouttet est comment dire… sévère, enfin surtout lorsqu’on a 30 bornes dans les pattes !

Je me rappelle le conseil de Serge, l’organisateur, croisé peu avant le départ : « Si t’es cuit à Bois-Vert, tu ne pourras pas passer Mouttet » Je comprends mieux.

Pour ne rien arranger j’ai un échauffement sur un des talons et je redoute l’ampoule. Une petite pause pour tenter de régler mes chaussettes mais rien de concluant.

Bien content de déboucher sur la crête, je constate que courir y est difficile. En effet, le sentier est mal tracé, il y a des pierres de partout et puis aussi, le bonhomme commence à fatiguer. Je trottine malgré tout et marche parfois, sans m’en offusquer. Le plus dur est fait !

Descente vers Laye: je trouve un bon rythme suivi comme mon ombre par Laurent, un coureur jovial avec qui j’ai pu échangé quelques impressions.

Remontée vers Gleize : Je dois m’arrêter pour ravitailler car plus rien d’accessible sauf au fond du sac.. et je décroche d’un petit groupe dans lequel j’avais trouvé place.

Je le rejoins un peu plus haut, signe que je suis encore dans le coup. Peut-être ai-je un peu trop mis les gaz ou tout simplement la fatigue, mais la redescente vesr le col de Gleize me semble pénible.

Au ravito de Gleize, pas trop d’arrêt parce que je commence à « languir » l’arrivée. (il reste une bonne dizaine de km de descente).

Laurent me propose de faire la descente à bloc, chose que je ne peux promettre…

 

Cinquième partie : Col de Gleize – Gap

Effectivement, cette descente s’avère rapidement difficile, je crois que mon organisme a assez donné pour aujourd’hui et je faiblis sacrément…

Je vais donc rentrer tranquillement.

Quelques concurrents vont me dépasser, mais cela n’aura de toute façon jamais été une compétition aujourd’hui, juste un effort personnel.

Je reçois quelques gouttes de pluie mais pour l’instant le temps se maintient.

Le compteur n’avance pas très vite, mais chaque foulée me rapproche de l’arrivée, et j’essaye de savourer ces instants. À l’entrée de la pépinière quelque visages familiers me sourient et m’encouragent, et je sens monter une bouffée d’émotion. Les yeux humides, j’entends Vincent le speaker qui annonce mon arrivée. Voilà, c’est fait.

 

Résultat Gapencimes

Catégories :Course à pied

Trail des Balcons de Châteauvieux 11km 450 mD+ – 14 août 2016

Cette année encore, j’ai prévu de participer au TBC, sur le parcours Elite, afin d’effectuer ici ma 5ème course pour le challenge des trails 05 (les 5 meilleurs résultats sont comptabilisés).

C’est aussi l’occasion d’étrenner le maillot du club à domicile.

Malheureusement, le mardi avant la course, je me tords la cheville (la droite ce coup-ci). Les jours suivants je ressens une petite douleur à chaque foulée.

J’hésite à courir, mais je ne me résous pas à renoncer… Je gamberge et finalement, le samedi en fin d’après-midi, je m’inscris sur le parcours 11km qui ne comporte aucune réelle descente technique : avec une chevillière, ça devrait passer…

En plus, il y a 2 copains du club également engagés sur cette distance, ainsi que Vincent, pour qui c’est un premier dossard de coureur…

 

Dimanche matin, j’officie à la remise des dossards. C’est un peu plus long que les années précédentes avec la gestion des puces. Le travail d’organisation m’occupe jusqu’à 9h et je n’ai que peu de temps pour me changer, opération que je fais donc précipitamment. J’oublie mon dossard dans le coffre de la voiture, et je dois in extrémis en récupérer un inutilisé auprès du chronométreur. Je me positionne sur l’aire de départ dans les derniers instants avant le compte à rebours, sans échauffement, mais déjà bien chargé en adrénaline.

IMG_2991.JPG

Après une première boucle sous le village difficile à négocier, je repasse sur la place en 11ème position, puis je commence à trouver mon rythme et à reprendre quelques coureurs.

La première côte vers le chalet, effectuée à la marche, me permet de trouver mon second souffle, et à partir de là, ma course est véritablement lancée. Je suis alors 7ème et peut constater que cette première difficulté a bien étiré le peloton.

La chaleur est déjà bien présente alors qu’il n’est que 9h30 !

IMG_3894.JPG

Je reviens progressivement sur le 6ème que je rejoins au sommet de la petite côte vers le lac de Selin, au 3ème kilomètre.

IMG_3896.JPG

Je bascule avant lui dans la ravine, pour ouvrir la route… C’est toujours un passage incroyablement fun.

IMG_3792.JPG

Sur les 2 kilomètres suivants, une partie toute en single, sinueuse et en relances, je sais que ma connaissance parfaite du parcours est un énorme atout.

Au milieu de la crête de la Calada, mon poursuivant lâche prise.

J’effectue la descente vers Ville-vieille sur un bon tempo, mais avec un peu de retenue et beaucoup de concentration sur mes appuis, afin d’éviter un nouveau faux-pas sur ma cheville droite.

De ce côté-là, tout va bien, la chevillière ne gêne pas et je ne sens quasiment aucune douleur.

IMGP5185.JPG

Dans la montée de Lettret, j’ai en point de mire les 3 coureurs qui me précédent, avec un écart qui ne semble pas insurmontable. Les 2 fusées qui mènent la course, Stéphane Ricard et Jérémy Royo, sont quant à elles loin devant.

J’effectue la première moitié de l’ascension sur un bon rythme de marche, et lorsque la pente devient plus raisonnable, je peux relancer en courant.

Peu à peu, je reviens sur un coureur qui semble à la peine, car il doit marcher dans une partie en faux-plat. Pour ma part, tout va bien.

Peu après le 7ème kilomètre, je reçois les encouragements de Nath et Cloé, en poste sur un point de contrôle.

A ce stade, j’ai déjà doublé les derniers du 22km avec quelques mots d’encouragements réciproques.

Je prends la 5ème position à mon concurrent dans la dernière partie de la montée, lorsqu’il marche à nouveau.

Je me dis qu’il faut profiter de son coup de moins-bien pour creuser un écart suffisant, car les trois derniers kilomètres sont roulants et il est sans doute plus véloce que moi, vu son rythme du début de course.

Je ne m’arrête pas au 2ème ravito, à la table d’orientation. Ce n’est pas le moment de perdre du temps, car j’ai le 4ème en point de mire et je ne sais pas ou en est mon poursuivant.

A la bifurcation entre les 2 parcours, on retrouve le bitume et il reste moins de 2 kilomètres.

Je conserve suffisamment de jus pour pouvoir « envoyer » dans la descente. Heureusement, car mon poursuivant reviens peu à peu sur moi, et m’oblige à maintenir un effort maximal. A l’approche du village, je comprends que la 5ème place est assurée mais j’ai encore de la ressource pour finir à bloc et savourer la dernière ligne droite sous les applaudissements du public Châteauviard.

Bilan : un beau top 5 à domicile, premier master 1 ; je suis très satisfait de mes sensations et de mon résultat du jour.

Comme chaque année, mon papa est venu me féliciter à l’arrivée.

IMG_2990

Cela efface parfaitement la déception de ne pas avoir couru le parcours 22km.

Balcons de Châteauvieux 2016 (20)

Une super journée riche en émotions… Des émotions d’organisateur, coureur, Châteauviard, père, fils, mari …, exacerbées parce que tout est réuni, la famille, les amis, la passion, dans un cadre familier et chéri : mon village.

Catégories :Course à pied

Trail des cimes du Buëch 16km 950m D+ – 22 mai 2016

Début avril, je me suis bien foulé la cheville gauche lors d’une sortie anodine sur les chemins Châteauviards.

Du coup, j’ai déclaré forfait au Trail Drôme puis au Trail de la Paix, en laissant à mes amis Sébastien et Jean-Michel le soin de représenter le tout nouveau club « Châteauvieux Trail Nature ».

Avec du vélo, des footings sur route puis un retour progressif dans les chemins et sentiers, j’ai pu constater que ma cheville s’était consolidée et j’ai décidé de reprendre le cours de mon calendrier de courses avec ce Trail des cimes du Buëch.

 

J’effectue le déplacement jusqu’à La Faurie avec Jean-Michel et Matthieu (Châteauvieux Trail Nature).

Même si ma condition physique semble bonne, c’est néanmoins avec une certaine appréhension que j’aborde l’épreuve, car je suis bien conscient que la guérison de ma cheville n’est pas totale et qu’elle reste vulnérable.

 

A 9h, avec une météo idéale, nous voilà partis à l’abordage des « cimes du Buëch »!

16 km-001- dépard (10)

Cela commence pourtant par un petit kilomètre dans la plaine, sur un chemin herbeux, où je reste prudent, car un trou mal intentionné peut toujours se cacher sous l’herbe, même si l’organisation a pris soin de faucher le parcours. J’ai quand même réussi un départ qui me place dans mon groupe de niveau.

La montée arrive bien vite et le premier coup de cul est raide. J’hésite un peu à marcher après si peu de chemin parcouru, mais je préfère ne pas me mettre dans le rouge. Du coup, une poignée de coureurs me dépassent.

Je ne regrette pas, car sitôt la pente plus favorable, j’arrive à trouver mon rythme et reprend peu à peu quelques positions sur la première partie de la montée, majoritairement sur une piste large mais bien pierreuse qui permet d’atteindre le col de Seille.

La deuxième partie de la montée vers le relais se fait un sentier assez pentu. Un panonceau « ça va piquer! » ne laisse d’ailleurs aucune illusion.

13260271_617514435073804_3175767850471853108_n

Le parcours sort du bois et on découvre une jolie vue côté Sud.

Je marche sur un bon rythme et dépasse encore quelques concurrents

Au sommet, je débouche finalement en tête du groupe de coureurs que j’ai en point de mire depuis le début. C’est très bon pour le moral, car j’ai effectué une belle ascension. Par contre, devant, le trou est fait ! A cet instant je suis en fait 8ème de la course, une position dont je n’ai pas connaissance.

Après être passé entre les antennes, il est l’heure d’aborder une première descente sur un chemin de crête plutôt caillouteux. Je ne suis pas en confiance, et je reste concentré sur mes appuis. Je ne suis sans doute pas sur un gros rythme… Confirmation m’est donnée en partie basse lorsque 2 coureurs me dépassent peu avant le ravito du col de Marjariès.

C’est dur de relancer dans la deuxième ascension : j’accuse un peu le coup sur la première portion, et je sens que ça revient derrière.

Petit à petit, je retrouve du jus et je repasse finalement devant l’un des deux coureurs avant le sommet.

13235406_617529945072253_9204931440229518805_o

La crête de la Longeagne est très plaisante. Tout d’abord, le panorama est sublime, mais il est difficile d’en profiter pleinement. Et puis, le parcours est très roulant, surtout lorsqu’on récupère une piste qui alterne légers faux-plats montants et descendants. J’ai de très bonnes sensations et j’en profite pour forcer légèrement mon allure, histoire de creuser l’écart sur mes poursuivants avant la descente. J’ai une impression d’efficacité et c’est vraiment très agréable !

P1030206

Et puis arrive la descente… Très pentue comme prévue. Je ne suis déjà pas à l’aise dans les descentes raides, mais l’appréhension de flinguer ma cheville n’arrange pas du tout les choses… Je suis scotché à la pente et très rapidement, j’entends un coureur derrière moi, que je laisse passer.

Un peu plus tard, à nouveau des bruits de pas dans mon dos. Mais cette fois, c’est Gaël Reynaud, le vainqueur 2015, en mode « touriste » cette année. Il vole littéralement ! en quelques instant il disparaît de ma vue entre les arbres.

Heureusement, cette partie de descente n’est pas très longue et le col St André est atteint assez rapidement, mais avec un nouveau coureur à mes basques.

Sur le reste de la descente, je peux mieux dérouler ma foulée, mais je ne suis pas complètement à l’aise quand même. Je me suis trop crispé sur le haut de la descente, et ça a accentué la fatigue musculaire. Je limite quand même les dégâts, et au pied de la descente, aux Granges, je n’ai finalement perdu qu’une seule place.

17 km profil

Il reste maintenant à rallier l’arrivée…  Ayant soigneusement étudié le profil de la course, j’ai repéré les 3 petites « dents de scie » sur les 3 derniers kilomètres. Les jambes sont maintenant fatiguées, et cette alternance de petites montées et descentes devient pénible. Je maintiens l’écart d’une trentaine de mètres avec le jeune coureur qui me poursuit, et derrière pas d’autre concurrent en vue. Pas de quoi s’affoler.

Après avoir compté les 3 montées, je me dis que l’arrivée ne doit plus être très loin…  Enfin, on entend le speaker puis on retrouve le bitume.

Je relance dans la dernière descente, mais le jeune coureur est plus frais et me dépasse imparablement dans le chemin le long du Buëch (j’aurai l’occasion de faire sa connaissance et d’échanger avec lui lors du repas d’après course).

Pas grave, je termine 11ème et sans pépin. Un peu plus tard, l’affichage du classement me confirme ce que je devinais : je suis premier vétéran 1 !

C’est donc un premier podium pour moi en 2016, et c’est aussi le premier podium du Châteauvieux Trail Nature.

Cette matinée sportive se conclut par un repas d’après course bien sympa dans une ambiance conviviale.

Merci à Nicolas, Manu et leur équipe de bénévoles. Bravo à Julien Michelon, vainqueur un peu inattendu mais logique, au vu de sa progression en une année de course à pied. Nul doute que l’on va souvent entendre parler de ce jeune coureur dans les années à venir.

 

Photos: organisation

 

Catégories :Course à pied

Histoires grolles

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

Plus de 40 ans séparent mes toutes premières chaussures de marcheur débutant et mes toutes dernières armes de traileur confirmé.

Durant ces années, j’ai marché, couru, sauté, j’ai trébuché, pris des gadins, me suis relevé, j’ai avancé et parfois reculé, j’ai poursuivi et j’ai fui, j’ai grimpé et dévalé, j’ai sprinté mais aussi flâné, j’ai souvent été « en nage », tout ça au propre comme au figuré.

J’ai conjugué encore plein d’autres verbes.

Le temps est passé, les chaussures ont changé, moi aussi…

Quoique.

Même si je ne suis devenu « coureur à pied » qu’à l’approche de la trentaine, un peu tardivement, il était obligatoire que cela arrive un jour.

Je me rappelle que petit, j’allais toujours chez mes copains en courant.

Quand je descendais chez mes grands parents, j’effectuais toujours les quelques hectomètres en courant à fond, parfois stoppé par un petit déjeuner qui voulait remonter.

Plus tard, lors des parties de foot entre copains, j’affectionnais les longues courses sur l’aile et le jeu en mouvement, compensant par un engagement physique une technique très basique.

J’ai toujours eu l’esprit de compétition, mais un compétiteur de l’inutile et du ludique, sans ambition autre que de se tirer la bourre entre copains, en gros, que les trucs qui comptent pour du beurre.

En retrouvant ces petites chaussures, d’une pointure ridicule, pas mal de questions se bousculent dans ma tête:

Qu’est ce qui reste de mon âme d’enfant ?

Est-ce que l’homme que je suis devenu ne décevrait pas l’enfant que j’ai été ?

Le chemin parcouru (j’ai sans doute déjà passé la mi-course) me satisfait-il ?

Est-ce que le fait d’avoir été un enfant heureux et épanoui facilite la vie d’adulte?

N’est ce pas plutôt le contraire?

Une chose n’a pas changé: enfant, je ne voulais pas grandir, et maintenant non plus.

J’ai toujours voulu arrêté le temps, est-ce pour cela que je cours après le chronomètre?

A 23h18, n’est il pas l’heure d’aller se coucher?

Catégories :Non classé

Challenge des trails de Provence 2014

27 novembre 2014 1 commentaire

Petit retour en arrière: En novembre 2013, je montais sur la 3ème marche du podium vétéran 1 du challenge trail court (1ère édition) lors de la remise des prix.

Petit coup de pouce du destin: j’étais en fait 4ème du classement final, et j’obtenais la dernière place sur le podium grâce au non-cumul des récompenses, Stéphane Oliva, le premier VH1, ayant décroché la troisième place du scratch lors de la finale à Gap.

22 novembre 2013 (9)

Je pensais avoir optimisé au mieux mes chances et que cette opportunité ne se reproduirait pas en 2014, je m’explique: avec plus de courses au calendrier et sans finale obligatoire, le nombre de finishers devait augmenter et le niveau du classement aussi en toute logique.

Malgré cela, je voulais renouveler l’expérience du challenge trail court en 2014, avec la possibilité de découvrir d’autres courses comme motivation complémentaire.

Retour en octobre 2014:

J’ai finalement participé à 7 courses cette année, dont 3 nouvelles pour moi, avec de solides résultats à la clé, qui me permettent contre toute attente d’être 12ème au classement et 4ème VH1 avant la dernière épreuve, le trail du Cousson.

Une semaine plus tard, grâce à son podium sur le trail du Cousson, Stéphane Oliva récupère in extremis la 3ème place scratch du challenge… et, par conséquent, je grimpe à nouveau sur la dernière marche du podium VH1.

C’est quand même une curieuse et rigolote répétition d’un scénario improbable!

sans-titre

Allez, je ne vais pas bouder mon plaisir et je profite pleinement d’apparaitre une nouvelle fois au palmarès du challenge des trails de Provence, même s’il n’est pas représentatif du niveau régional.

Cela conclut une année sportive faste pour moi, ou j’ai réalisé de très belles courses, notamment à partir de juin. Objectivement. Pas de fausse modestie, ni d’orgueil déplacé, mais il faut savoir apprécier à sa juste valeur ce que la vie vous offre, sportivement comme ailleurs.

14 novembre 2014 (5)

Catégories :Course à pied

Trail du Cousson 45km 2500m D+ – 12 octobre 2014

28 octobre 2014 2 commentaires

Enfin, j’ai bouclé mon premier trail long…

Alors que d’autres, moins expérimentés, sont déjà « finishers » d’ultras…

Chacun son style ! j’ai toujours privilégié le court, d’autant que les nombreux bobos m’ont souvent contraint à des volumes d’entraînement allégés.

Cette année, après de nombreuses satisfactions sur trail court et ayant été plutôt épargné par les pépins physiques, il était temps de s’y mettre.

Et puis, les terres noires et la barre des Dourbes me tentaient depuis pas mal de temps déjà.

Trail Cousson 2014

Une semaine après le Gapencimes, la récupération est loin d’être optimale, et c’est une raison supplémentaire d’aborder humblement cette distance inédite pour moi…

Sur l’aire de départ, je retrouve Fred et son acolyte Jeff, les personnages centraux du magnifique blog de Fred.

Je suis très content de les trouver là, car en plus de l’aspect amical, je sais qu’ils vont me lancer sur de bonnes bases.

 

A 9h, c’est parti pour un grosse virée dans les montagnes Dignoises !

Comme lors de mes jeunes années, je me suis calé dans la masse du peloton, sans m’occuper de ce qui se passe devant.

On discute tranquillement avec Fred et Jeff, rien à voir avec une épreuve de vitesse.

Un embouteillage sur une passerelle : pas de problème, j’ai le temps…

 

Au bout de 2 kilomètres d’échauffement, la pente s’élève et je double des coureurs par grappes. Inutile d’être démesurément lent, mais il ne faut pas s’enflammer non plus.

Un coup d’œil derrière et je vois Fred à quelques mètres : tout va bien.

Un petit passage dans des terres noires et on attaque un long single dans en sous-bois au profil relativement doux.

Un petit groupe se forme, à la queue leu leu.

C’est plaisant de courir en souplesse, sur un rythme d’entraînement, dans un cadre si agréable.

Un passage un peu escarpé dans un vallon offre un peu de diversité à notre progression.

Quelques gouttes de pluie nous rappellent que les prévisions météo ne sont pas très bonnes pour ce dimanche. Pour l’instant ça va, le ciel est couvert, mais la visibilité sur les sommets est bonne.

Premier ravito au 9ème kilomètre en contrebas du hameau des Dourbes: je prends quelques minis sandwiches au jambon, seule présence de salé repérée… On m’annonce 38ème : ouais, pourquoi pas ?

DOURBES 4

Une petite portion de bitume, le temps d’admirer la barre des Dourbes, en contre plongée.

C’est parti pour la première grosse ascension de la journée. Beaucoup de changements de pente, ce qui évite la monotonie.

Je marche sur 90 % de la montée, et je suis impressionné par ceux qui courent, vu les pourcentages… et les efforts à venir.

J’ai déjà mal aux jambes, ce qui m’inquiète un peu car on n’est qu’au quart de la distance…

Lorsque je débouche sur la crête (Pas de Labaud), le vent est fort et quelques gouttes de pluie gênent la vision. Je prends le temps d’enfiler un coupe-vent et de récupérer un bidon plein dans mon sac.

Cette petite pause est plutôt bénéfique pour affronter le passage sur la barre des Dourbes, délicat, entre les dalles humides et donc glissantes, les buisson de buis qui griffent les guiboles, le vent froid et la bruine. J’arrive quand même à apprécier la vue de chaque côté, étant surpris par la finesse de cette barre, que j’imaginais plus en plateau.

Cousson 2014

Au Pas de Tartonne, avant d’amorcer la descente, j’encourage les bénévoles, qui doivent vraiment se les cailler.

Après un passage délicat, la parcours emprunte un monotrace en faux plat descendant, au pied de la barre, avec de nombreux arbres en travers (ça sent le parcours de repli, tout ça…). Cette portion est pourtant très agréable, car on est à l’abri du vent, et la pente est idéale pour se refaire la cerise. J’ai le moral et je plaisante à l’occasion.

Un peu plus loin, ça descend franchement et il faut modérer son allure pour ne pas se fracasser les muscles.

Un retour vallonné vers le hameau des Dourbes, où j’ai un petit coup de moins bien alors que je passe devant le panneau 20km.

Remplissage des gourde au 2ème ravito avant un joli secteur de terres noires puis un single dans une ambiance provençale (Tout ceci n’est pas sans me rappeler mes collines Chateauviardes)

Trail Cousson 2014 2

Je dépasse plusieurs coureurs, preuve que mon rythme est bon, même si les jambes deviennent lourdes… Je cours encore sur les faux-plats, mais je marche dès que ça monte franchement.

Le panneau 25km me laisse dubitatif, et j’essaye d’oublier qu’il reste 20 bornes…

Un superbe passage dans une ravine boueuse, puis je trouve un compagnon de route jusqu’au pied de l’ascension du Cousson : ça fait du bien d’échanger quelques phrases.

C’est parti pour la deuxième grosse ascension ! Je suis maintenant sur des terrains connus.

Je décide d’effectuer cette montée tranquillement sans forcer. Le but c’est de rentrer, il n’y aura pas de résultat au bout ! Sur la montée, je vais encore marcher à 90 %. Sur le faux-plat descendant intermédiaire, je vais courir et puis voilà.

Je ne regarde pas le panneau 30km, qui semble être là juste pour me narguer.

Je rattrape régulièrement des concurrents du parcours 30km, dont beaucoup de concurrentes, dont certaines que je dépasse à regret.

Le dernier raidillon me paraît moins violent que les autres fois : normal, je le prends tranquillou en mangeant un morceau de pain, avec lequel je manque de m’étouffer..

Trail Cousson 2014 3

Ça y’est, me voici sur la crête du Cousson, avec un fort vent mais sans pluie cette fois (toute menace semble écartée de ce côté là)

Il ne reste plus qu’à redescendre dans la vallée. Les jambes sont désormais raides comme des piquets et le début de la descente, excessivement pentue, est un supplice.

Quand la pente s’adoucit, les jambes ont du mal à répondre et je me traîne lamentablement.

Peu à peu, la foulée se fait un peu plus fluide et j’ai l’agréable surprise de retrouver de la vélocité sur le bas, et d’arriver à bien négocier les passages hypers délicats, très raides et glissants.

Je termine finalement pas si mal en 5h52’ d’effort, fier d’avoir enfin parcouru cette distance.

Fred et Jeff arrivent peu après, et nous pourrons profiter ensemble du buffet campagnard.

 

Une première expérience qui me donne l’envie d’en connaître d’autres, et qui sera aussi sans doute très enrichissante pour la gestion de courses plus courtes.

A noter la présence de nombreux bénévoles tout le long de ce superbe parcours.

Catégories :Course à pied

Trail EDF Serre-Ponçon 33km 2000m D+ – 8 juin 2014

11 juin 2014 1 commentaire

Après plusieurs mois de sommeil, bien plus qu’une hibernation, j’ai réveillé mon blog.
Fin 2013, j’avais perdu l’envie et l’inspiration pour des récits… en ayant également fait le constat que le scénario de la plupart des courses se répète, donc l’intérêt d’un nouveau compte-rendu diminue.

Par contre, j’ai eu la surprise d’entendre régulièrement : « j’ai cru que tu avais arrêté de courir, ne voyant plus d’activité sur ton blog », me faisant prendre conscience que j’avais plus de lecteurs que je ne le pensais.

Aujourd’hui, j’ai envie de faire partager les différentes émotions que j’ai pu vivre sur ce magnifique Trail de Serre Ponçon, en ce début juin 2014, avec les premières grosses chaleurs de l’année.

 

Belvédère du barrage de Serre-Ponçon , dimanche 8 juin 2014, 8h, température déjà élevée:
Peu de monde sur l’aire de départ de ce parcours long de 33km (2km de plus qu’annoncé), un plateau assez peu relevé et pas de favori évident.

Image
Du coup, ça part assez tranquillement sur la route qui monte vers le village de Rousset.
La physionomie de la tête de course est très variable sur les 2 premiers kilomètres.
Je suis bien placé pour observer ce qui se passe, évoluant un peu en retrait, vers la dixième place.

A Rousset, une première hiérarchie se dessine, avec un groupe de 4 coureurs aux avant-postes. Je suis en embuscade avec un autre coureur à quelques dizaines de mètres. Derrière, le peloton s’est déjà étiré.

Dans la descente vers Espinasses, l’allure reste modérée car il n’est pas question de se casser les jambes avant la grosse ascension à venir, le Mont Colombis et ses 1000m de dénivelée d’une traite.
Le futur vainqueur de la course, Pierre Perraudin, rejoint notre duo, alors que nous rentrons progressivement sur la tête de course : c’est donc un petit train de 7 unités (dont je ferme la marche) qui traverse un très pittoresque passage entre des « demoiselles décoiffées » pour plonger ensuite sur Espinasses par un single bien agréable.

Derrière, le trou semble fait et le futur vainqueur doit se trouver ici, je veux dire parmi les 6 autres !

Image

Nous restons groupés à 7 jusqu’au pied de l’ascension du Colombis, peu après le premier ravito.
C’est quand même assez jouissif de faire partie de la tête de course à 9 kilomètres du départ et je savoure ces instants magiques, d’autant plus que je n’ai pas l’impression d’être en sur-régime.

La première partie de l’ascension se fait sur un single en lacets avec une pente intermédiaire qui ne m’avantage pas du tout : En effet, même si c’est raide, ça peut se courir, et c’est ce que font les 6 autres. Je constate très vite que je suis en train de me mettre dans le rouge et je me mets à marcher.
Là s’arrête donc mon reportage sur la tête de course…

Gros dilemme néanmoins, que faire ? tenter de rester au contact de ce groupe qui commence à s’effilocher, en espérant qu’un autre traileur décroche également et qu’on puisse faire la montée à 2 ? ou monter d’emblée à ma main mais vraisemblablement seul et pour combien de kilomètres ? car derrière, personne en vue sur les lacets en contrebas…
J’hésite un peu, insiste encore, avant de rendre les armes.
Je pense alors que je suis au moins assuré de retrouver du monde à la croix des près à la jonction avec le 22km, parti 1h plus tard, et cette perspective me rassure.

Cette ascension du Mont Colombis en solidaire est fastidieuse, je suis isolé et sans notion de rythme.
Heureusement, je dispose d’un gris-gris d’une valeur inestimable pour me donner du courage: le bracelet en élastique aux couleurs de ma tenue (vert, blanc, noir) que Lily m’a fabriqué spécialement pour l’occasion: en plus, ce n’est pas considéré comme du dopage…

Image

Sur la deuxième partie, « l’échine de l’âne », c’est encore plus raide et c’est la marche obligatoire, sauf sur les quelques petits et trop rares faux-plats qui offrent un peu de répit et de diversité.

Image
On aperçoit enfin le relais qui coiffe le sommet du Colombis, mais cela marque le début de la portion la plus dure. Je progresse à petits pas, les mains sur les cuisses, dans un effort intense. Par contre, la vue de chaque côté est à couper le souffle (le hic, c’est que c’est déjà fait).

Image
J’entends respirer fortement derrière moi, et j’aperçois un coureur puis la première féminine un peu plus bas.
Il me rejoignent juste avant le sommet et après le ravito, j’enchaine sur la descente avec eux.
Un coup d’œil à la montre: 1 heure et 3 minutes de montée en solo pour 1000m de dénivelée, ça reste très correct.

Je modère mon allure sur la portion en bitume pour récupérer et éviter de me casser les muscles.

Sur la large piste qui suit, je suis en compagnie de la première féminine qui n’est autre que Maud Gobert, championne du monde de trail 2011.
J’ai ainsi l’honneur de faire la descente vers la Croix des Prés en sa compagnie.
Elle engage la conversation et j’en profite pour faire de la pub pour le Trail des Balcons de Châteauvieux.
Malheureusement, un peu plus loin, je suis piteusement obligé de lui avouer que je redoute le point de côté, ce qui met un terme à notre discussion. Je pense que nos états de fraîcheur étaient assez diamétralement opposés à ce moment là.

Gros coup de mou au ravito de la Croix des Prés : dès qu’on retrouve la montée, je suis scotché : impossible de repartir en courant. Je souhaite donc à Maud une bonne course pour la suite…
J’ai alors parcouru un peu plus de la moitié de la distance et il reste une quinzaine de kilomètres à faire: je suis parti pour une bonne galère et inutile de préciser que mon moral en prend un coup.
Heureusement que le gros du dénivelé est déjà passé…

J’avance tant bien que mal sur cette crête du « ruban »:
Sur les parties plates, je cours sans grande vélocité.
Dès que ça monte, je marche.
La chaleur commence à être difficile à supporter, d’autant plus que je cours toujours tête nue (aujourd’hui la casquette n’est pas du luxe)
Quelques coureurs du 22km me rattrapent, je suis à la ramasse mais, étonnamment, toujours 9ème de la course!

Image

Le profil devient descendant, je repasse des concurrents du 22km et je pense alors que je vais pouvoir me refaire la cerise.
Cette « éclaircie » est de courte durée, car dès que la pente s’accentue, les jambes redeviennent lourdes et même la descente est un calvaire!

Enfin, j’atteins le 3ème ravito, situé en dessous du Col Lebraut.
Je m’alimente, bois un peu de coca, me pose quelques instants sur une pierre plate.
Je suis rincé et songe à m’arrêter là.
Des coureurs du 22 et du 33 passent et moi, je n’arrive pas à repartir… pourtant mes petites femmes m’attendent certainement vers l’arrivée.
Il faut tous les encouragements de Pascal (spectateur) et de Momo (engagé sur le 22km) pour que je me décide à quitter ce lieu de réconfort…

La montée qui suit, sur la piste en plein cagnard se fera… à la marche bien sur.

On retrouve ensuite un petit single boisé qui débouche sur ce qui est sans doute le passage le plus spectaculaire de ce trail:
Un étroit sentier qui descend en lacets sur le flanc d’un adret abrupt, tracé dans un pierrier de marnes de tons gris/rouge.
Ce passage permet une superbe vue plongeante sur le lac. Par contre, il vaut mieux être attentif car toute chute peut s’avérer fatale.
J’utilise le peu de lucidité qui me reste pour assurer mes appuis.
Je retrouve un peu de jus au fil de la descente et revient sur Momo, qui me laisse passer.

Lorsque qu’on retrouve le fond de la combe, les faux-plats continuent de saper mes jambes déjà bien mal en point.
Pour couronner le tout, je fais une petite erreur de parcours, un aller retour d’environ 200 mètres dont je me serais bien passé.
Dans l’intervalle, un concurrent du 33km est passé. Je rejoins à nouveau Momo qui est étonné de me voir là…

Dernière difficulté, la remontée vers le belvédère, courte mais terrible à ce stade de la course.
J’essaye de marcher, mais même la marche devient extrêmement pénible. A un moment donné, je me dis que je vais finir en rampant!
Un nouveau coureur du 33km me dépasse et je peste intérieurement contre ma fausse route d’il y a quelques minutes.
Je vais chercher les dernières ressources pour tenter de revenir dans la descente finale, sur ce coureur qui me semble être un vétéran, eu égard à des tempes grisonnantes: tentative qui sera infructueuse et j’échouerai au pied du podium vétéran 1.

J’aperçois mes petites femmes devant l’arche d’arrivée et suis vraiment content de les retrouver.
Sitôt la ligne d’arrivée franchie, je prends à manger au ravito d’arrivée et vais m’assoir directement à l’ombre au pied d’un pin, non sans avoir envoyé balader un copain coureur qui avait eu le malheur de m’interpeler.
Je n’ai normalement pas mauvais caractère mais la fatigue extrême a raison de mes nerfs.

Je suis partagé entre la déception d’une course-galère et la satisfaction d’avoir néanmoins bouclé ce parcours difficile sous une chaleur à laquelle l’organisme n’est pas encore habitué début juin.

Je n’ai pas de regrets à avoir car je me suis correctement alimenté et hydraté, et je ne pense pas être parti trop vite.
En fait, en y réfléchissant un minimum, cela était prévisible: le manque de volume d’entrainement peut se faire oublier sur un trail d’une vingtaine de kilomètres, mais ça ne pardonne pas dès qu’on est sur un format plus long.
D’ailleurs, j’ai explosé à environ 2h30 d’effort, ce qui correspond grosso modo à la durée de mes courses du premier semestre.
Manque de sorties longues, quinze jours sans courir pour cause de tendon d’Achille douloureux, une préparation sommaire, tout ça se paye cash!
Le trail rappelle sans cesse à l’humilité : l’année prochaine, je reviendrai volontiers me frotter à ce parcours long… mais seulement si je suis préparé convenablement. Sinon, le parcours moyen de 22km, qui propose déjà de jolis paysages, me suffira bien!

Au final, il restera des superbes images: du gris de l’échine de l’âne au magnifique bleu du lac de Serre-Ponçon, en passant par les verts pâturages du Mont Colombis.

Image
Bravo à l’organisation qui a redressé la barre de la meilleure des manières, en proposant une édition en tous points parfaite.

Sur ce, le blog peut se rendormir… ou pas

Catégories :Course à pied